Standard & Poor’s dégrade la note de l’Afrique du Sud

L’agence Standard & Poor’s a annoncé ce lundi 3 avril avoir dégradé la note souveraine de l’Afrique du Sud à BB+, dans la catégorie spéculative, en raison de «l’incertitude politique et institutionnelle» qui plane dans le pays, au lendemain du remaniement ministériel marqué par l’éviction du ministre des finances, Pravin Gordhan.

Dans son communiqué, l’agence a expliqué que «les changements lancés par le président Zuma au sein de l’exécutif font peser des risques sur les perspectives de croissance et de stabilité budgétaire».

Le chef de l’Etat a procédé, la semaine passée, à un remaniement ministériel de grande ampleur, éjectant plusieurs ministres dont celui des Finances, Pravin Gordhan. Celui-ci, très apprécié dans le milieu des affaires, était souvent opposé au président Zuma sur les questions budgétaires.

Ce remaniement ministériel ou la mise à l’écart de Gordhan a d’abord eu pour conséquence immédiate la chute du rand qui avait perdu, vendredi, 5 % de sa valeur face au dollar. Après l’annonce de l’agence de notation, la monnaie nationale a encore baissé ce lundi, de -2% face au billet vert.

Si le remplacement de certains ministres dans le gouvernement a créé des polémiques au sein du parti au pouvoir, l’ANC, l’opposition, elle, réclame une motion de défiance au Parlement contre le président Zuma.

Le chef de l’Alliance démocratique (DA), Mmusi Maimane, a fait savoir, lors d’une conférence de presse clôturant une réunion des leaders de l’opposition tenue lundi à Johannesburg, que «les partis d’opposition soutiennent totalement la motion de défiance contre Jacob Zuma.»

Le leader de la principale force d’opposition du pays a précisé qu’«il ne s’agit pas d’un exercice académique. Nous sommes sérieux, nous travaillons pour que Jacob Zuma parte». L’opposition compte organiser des manifestations communes afin de réclamer le départ du chef de l’Etat Zuma.

Toutes ces tensions politiques et économiques ne feront que, d’après des experts, altérer davantage la confiance des investisseurs et marquer un coup aux efforts visant la relance de la croissance économique.

Mais pour le nouveau ministre des Finances, Malusi Gigaba, un proche du chef de l’Etat, l’annonce de Standard & Poor’s «est un appel aux Sud-Africains (…) à accélérer la croissance inclusive et le développement». Pour lui, «réduire la dépendance aux capitaux étrangers pour financer l’investissement (…) permettra d’assurer la souveraineté et l’indépendance économique du pays.»

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