La première mouture du projet de résolution du Conseil de sécurité des Nations unies sur le Sahara, telle formulée par les États-Unis, propose une réorientation majeure du processus politique dans le dossier du Sahara marocain.
Le projet présente l’autonomie sous souveraineté marocaine comme la seule solution réalisable, juste, durable et mutuellement acceptable et prévoit une transformation profonde de la mission onusienne, dans la perspective d’accélérer le règlement du différend.
Cette formulation dépasse la qualification antérieure de proposition «sérieuse et crédible» et traduit, selon le texte, le soutien croissant de plusieurs États membres de l’ONU à l’initiative d’autonomie marocaine et l’exclusion de toute autre option y compris le soi-disant «référendum d’autodétermination» âprement défendue par le Polisario et son parrain algérien.
Le projet de résolution salue au passage, le rôle du président américain, Donald Trump et appelle les parties à engager des négociations constructives en utilisant le plan d’autonomie actualisé du Maroc comme unique base de discussion.
Cette orientation s’accompagne d’une refonte du dispositif des Nations unies : la MINURSO serait rebaptisée MINUSO, pour « Mission des Nations unies pour une solution politique au Sahara occidental ».
Le changement de dénomination ferait disparaître la référence au référendum dans le nom de la mission, conformément à la nouvelle orientation politique envisagée. Le mandat de la MINURSO prendrait fin le 30 avril 2027 pour céder la place à une mission politique spéciale à compter du 1er mai, jusqu’au 31 octobre 2027.
Le secrétaire général est convié à soumettre, au plus tard le 15 décembre 2026, avant la fin de son mandat le 31 du même mois, des propositions détaillées sur la nouvelle mission onusienne, sa structure, ses effectifs et ses ressources.
Le texte prévoit également une réduction d’au moins 50 % du personnel militaire autorisé d’ici au 31 janvier 2027, ainsi que la fermeture et le regroupement de certains sites de la mission dans l’optique d’adapter la présence internationale à l’évolution du cadre politique et à la révision des tâches de la mission onusienne.
Sur le plan humanitaire, le texte demande au Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés de finaliser, dans un délai de six mois, l’enregistrement des réfugiés dans les camps de Tindouf. Il insiste sur le respect des normes internationales, l’absence d’ingérence et la garantie d’un accès sans entrave ainsi que de la liberté de mouvement.
Le projet exprime par ailleurs ses préoccupations face au manque d’engagement substantiel d’une partie (le front Polisario) aux négociations et condamne l’attaque du 5 mai 2026 contre Es-Semara, attribuée aux milices armées du Polisario. Il prévient que le Conseil pourrait envisager d’autres mesures si les parties ne coopèrent pas de manière constructive au nouveau processus de règlement de l’ONU.
Dans une première réaction au contenu du projet de résolution, le Polisario a dénoncé, dans une lettre adressée le 22 octobre 2026 à la présidence du Conseil de sécurité, une « déviation grave et sans précédent » et menacé de se retirer du processus de paix dans un geste de défiance à l’endroit du Conseil de sécurité.
Cette première mouture, qui prolonge certains acquis de la résolution 2797 du 31 octobre 2025, devrait être discutée et adoptée lors de la session du Conseil de Sécurité prévue le 31 octobre 2026.
Apparemment, la même mouture semble très favorable à la position du Maroc qui tient à l’adoption de son Plan d’autonomie comme unique solution pour le règlement définitif du litige territorial «artificiel» autour de son Sahara Occidental crée de toutes pièces par le régime algérien dans les années 70.
