Manifestation géante à Hong Kong contre un projet de loi d’extradition vers la Chine continentale

Le territoire de Hong Kong a connu hier dimanche l’une de ses manifestations les plus importantes depuis sa rétrocession à Pékin en 1997. Des centaines de milliers de personnes ont défilé contre un projet de loi qui faciliterait le transfert de suspects vers la Chine continentale.

Pendant plus de sept heures, les manifestants ont défilé dans les rues étroites de l’île principale avec des pancartes sur lesquelles on pouvait lire «Non à l’extradition». Alors que la marche s’est déroulée sans incident, des heurts ont éclaté peu après minuit, à l’expiration du permis de manifester. Les accrochages se sont poursuivis tard dans la nuit.

La mobilisation pour la manifestation d’hier serait au moins deux fois plus forte que celle enregistrée lors du mouvement de 2003 contre un projet de loi anti-subversion qui avait contraint l’exécutif local à faire machine arrières. Les manifestants qui sont descendus dans les rues de Hong Kong espèrent rééditer cet exploit.

Le projet de loi doit être soumis mercredi en deuxième lecture au Conseil législatif, où il a déjà occasionné des bagarres entre élus, pour une inscription au journal officiel d’ici à fin juillet.

Largement contesté, le projet de loi doit apporter des changements sur la question des extraditions pour simplifier les procédures permettant d’envoyer des suspects vers des pays ou territoires tiers comme la Chine continentale, Macao et Taïwan, en plus des vingt pays avec lesquels Hong Kong dispose déjà de conventions d’extradition.

Hong Kong, ancienne colonie britannique, a été rétrocédée à la Chine en 1997, mais avec des garanties sur son autonomie et les libertés, notamment celle de disposer d’un système judiciaire distinct. Et les nombreux détracteurs du projet de loi redoutent qu’il ne mette la population à la merci d’un système judiciaire chinois opaque et politisé.

La suspicion des hongkongais envers la Chine a été attisée par une série de disparitions de personnalités critiques envers le pouvoir central à Pékin, dont un groupe d’éditeurs dissidents et un milliardaire, qui sont ensuite réapparues en détention en Chine continentale.

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