L’UE qualifie de «transparent» le premier tour présidentielle en Tunisie

La mission d’observation déployée en Tunisie par l’Union européenne a estimé mardi que le premier tour de la présidentielle avait été «transparent», tout en regrettant que des candidats n’aient pu faire campagne en allusion à l’homme d’affaires incarcéré Nabil Karoui.

Fabio Massimo Castaldo, chef de mission et vice-président du Parlement européen a déclaré à la presse que ce scrutin «constitue une étape supplémentaire dans la construction de la démocratie tunisienne, qui se confirme comme un modèle dans la région».

La campagne a été « pluraliste », selon les observateurs européens qui ont néanmoins exprimés des réserves quant à l‘équité du scrutin du 15 septembre.

«Tout en reconnaissant l’indépendance du pouvoir judiciaire, la Mission constate que les autorités concernées n’ont pas pris les mesures nécessaires permettant à tous les candidats de mener campagne dans le respect du principe d’égalité des chances prévu par la loi tunisienne» indiquent-ils dans un communiqué.

Le candidat Nabil Karoui, fondateur de la chaîne de télévision privée Nessma, l’une des principales TV du pays, est visé par une instruction judiciaire depuis 2017, après le dépôt par l’ONG anti-corruption I-Watch d’un dossier l’accusant de fraude fiscale et de blanchiment d’argent.

Il a été arrêté le 23 août dernier, 10 jours avant la campagne électorale, poussant nombre d’observateurs à déplorer une instrumentalisation de la justice à des fins politiques.

Selon les  résultats officiels, le second tour de la présidentielle opposera l’universitaire indépendant Kaïs Saïed et l’homme d’affaires actuellement en prison, Nabil Karoui, a annoncé mardi, l’Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE).

Saïed et Karoui ont obtenu respectivement 18,4 % et 15,58 % des voix, selon le décompte officiel annoncé par le président de l’ISIE, Nabil Baffoun, lors d’une conférence de presse.

Initialement prévu en novembre, le premier tour de l’élection présidentielle avait été avancé au dimanche 15 septembre après la mort le 25 juillet du chef de l’État en exercice, Béji Caïd Essebsi.

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