Burundi: RFI et AFP obtiennent gain de cause pour leur correspondant

La bataille de RFI et de l’AFP pour obtenir des autorités burundaises la condamnation de l’agression dont été victime leur correspondant à Bujumbura, Esdras Ndikumana, a finalement porté des fruits.

Condamnant «ce comportement violent et inacceptable dans un Etat de droit», le président du Burundi Pierre Nkurunziza a personnellement sommé «l’Administrateur Général du Service National de Renseignement (SNR) de déterminer d’urgence les circonstances de ces actes d’un autre âge», selon un communiqué de la Présidence burundaise publié jeudi 13 août.

Ces développements interviennent à la suite d’une correspondance conjointe de RFI et AFP, adressée au président Nkurunziza dès le lendemain de l’agression, et médiatisé à partir du mercredi 12 août, avec l’objectif de mettre la pression sur les autorités du Burundi.

«Plus d’une semaine après la violente agression dont a été victime notre correspondant, nous ne nous satisfaisons pas de l’absence de réaction des autorités burundaises. Nous exigeons que les responsables des violences et tortures dont a été victime Esdras alors qu’il faisait son métier de journaliste, soient poursuivis et sanctionnés», avait martelé à cette date, Cécile Mégie, directrice de RFI.

La présidence de la République avait d’abord répondu à la lettre des deux médias par «un simple accusé de réception par SMS, mardi 11 août, et un tweet laconique indiquant qu’une réponse est en cours de rédaction», a indiqué RFI qui attendait plutôt une condamnation «énergétique» et ferme de l’acte d’agression.

Selon les informations livrées par la radio française, Esdras Ndikumana a été arrêté le dimanche 2 août à Bujumbura sur le lieu de l’attaque au cours de laquelle le général Adolphe Nshimirimana, un pilier du régime au pouvoir, a été tué. Il a été emmené au siège du Service national de renseignement où il a été sauvagement frappé.

Ndikumana serait toujours dans un état de santé précaire. Pour Michèle Léridon, directrice de l’information de l’AFP, cette agression «a cherché à casser physiquement et moralement ce journaliste reconnu et respecté par toute la profession du continent».

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