Le Bénin n’est pas encore prêt pour recevoir ses œuvres archéologiques de la France

Alors que la France a annoncé, au début de ce mois de juillet, son intention de retourner rapidement les 26 objets du patrimoine archéologique béninois pillés par des troupes coloniales françaises, les autorités de Cotonou affirment que le site devant les accueillir n’est pas encore prêt.

«Patience, gardez-les encore un petit peu le temps que nous soyons vraiment prêts», a déclaré à l’agence AFP, le directeur de l’Agence nationale de promotion des Patrimoines et du Tourisme (ANPT) béninoise, José Pliya.

«On prend le cadeau et on salue le geste, mais ce retour est tellement fort et on veut vraiment bien faire les choses», a poursuivi ce responsable qui a évoqué la construction d’un nouveau musée pour accueillir ces œuvres dans des conditions optimales.

Le nouvel édifice sera érigé dans l’enceinte des palais d’Abomey, capitale de l’ancien Royaume de Dahomey situé dans le sud-ouest de l’actuel Bénin. Les travaux débuteront au quatrième trimestre de cette année et devraient être achevés au bout de deux ans, selon José Pliya.

«Donc pour nous, souligne le directeur de l’ANPT, le retour de ces objets (est prévu) pour l’inauguration de ce musée à l’automne 2021».

Lors de sa visite au Burkina Faso en novembre 2017le président français Emmanuel Macron avait promis la restitution par son pays des œuvres archéologiques africaines supposées avoir été pillées lors de la période coloniale.

Les 26 œuvres béninoises font partie du trésor royal d’Abomey. Elles avaient été saisies par la France, en 1892, comme butin de guerre lors de la prise du palais d’Abomey par les troupes françaises.

Il faut toutefois noter qu’il n’existe pas, en France, à ce jour, une législation permettant la restitution formelle de ces trésors. «La restitution des œuvres fera l’objet d’une inscription dans la loi. Le calendrier reste encore à préciser compte tenu du nombre important de textes en discussion au Parlement», a expliqué le ministre de la culture, Franck Riester.

Ce responsable qui est favorable à un retour rapide des œuvres africaines dans leurs pays d’origine, s’était exprimé ainsi le 4 juillet à Paris, lors du forum intitulé «Patrimoines africains : réussir ensemble notre nouvelle coopération culturelle».

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