L’opposition congolaise désapprouve la subordination des élections au recensement

Les partis politiques d’opposition de la République démocratique du Congo (RDC) ont désapprouvé mardi, la subordination des élections au recensement de la population, qui pourrait « prendre trois à quatre ans » et permettrait de prolonger le mandat de l’actuel président congolais, Joseph Kabila.

La tension était d’abord montée dans la rue, aux abords du Palais du Peuple, où le texte devait être discuté. Le projet de loi faisait l’objet d’un examen à l’Assemblée Nationale malgré une ambiance chauffée à blanc.

Ce qui a conduit le lundi a une manifestation de plus de 300 personnes, organisée à l’appel des principaux partis d’opposition. Ce jour-là, les manifestants ont été dispersés par la police avec des grenades lacrymogènes et assourdissantes.

Après cette journée mouvementée, l’opposition s’est réunie mardi, au centre Béthanie pour donner suite à son mouvement. Dans un communiqué, l’opposition a d’abord dénoncé la répression et les arrestations de ses membres.

Ensuite, elle a appelé le gouvernement à « retirer sans délai » le projet de loi de l’Assemblée nationale. Enfin elle a indiqué que « le moment venu, un ultimatum sera donné à Joseph Kabila pour se conformer aux prescrits de la Constitution ».

Rappelons que pour la Majorité Présidentielle (MP), cette nouvelle loi vise pourtant à établir un « décompte fiable de la population » et donc « des électeurs ».

Mais selon Robert Kabasele de la Nouvelle société civile, la désapprobation de l’opposition est bien fondée. Basile Olongo, député national d’opposition, a estimé de son côté qu’on ne peut pas conditionner les élections présidentielles par le recensement.

Par ailleurs, l’Association africaine de défense des droits de l’homme (ASADHO) a aussi désapprouvé ce projet de loi dans une lettre adressée à la majorité présidentielle.

L’opposition semble bien déterminée à empêcher l’adoption de la nouvelle loi électorale qui prévoit un recensement avant la présidentielle et les législatives en 2016 et ce pour barrer le chemin à Joseph Kabila de briguer un troisième mandat présidentiel.

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