Le gouvernement ivoirien répond aux accusations d’Amnesty International relatives aux détenus de la crise électorale de 2025

Les autorités de la Côte d’Ivoire ont contesté, mercredi 11 mars, les récentes allégations d’Amnesty International concernant des personnes jugées et condamnées pour des faits en rapport avec l’élection présidentielle d’octobre 2025, assurant d’emblée qu’elles auraient bénéficié de procès équitables.

La veille, l’organisation de défense des droits de l’homme a affirmé que, «cinq mois après des manifestations de l’opposition interdites par les autorités et l’arrestation de centaines de personnes dont des femmes enceintes, certaines seraient toujours détenues alors qu’elles n’ont pas participé aux manifestations et d’autres auraient été condamnées lors de procès inéquitables».

Faisant une mise au point dans un communiqué, le Directeur des droits de l’homme au ministère de la Justice, Delbé Zirignon Constant, a souligné que les personnes évoquées par l’ONG ont été «régulièrement poursuivies, jugées et condamnées, après avoir bénéficié de l’ensemble des garanties du procès équitable, pour des faits de troubles à l’ordre public consécutifs à des attroupements» sur la voie publique.

Les personnes concernées «n’ont été ni arrêtées sans fondement, ni condamnées inéquitablement» et, par rapport aux conditions de détention des femmes enceintes, «aucune femme privée de liberté n’est astreinte à un environnement défavorable au bon déroulement d’une grossesse», a-t-il indiqué.

Toutes les femmes enceintes bénéficient et continuent de bénéficier d’un suivi médical régulier et de l’assistance des services sociaux, a assuré la même source.

L’Exécutif ivoirien rappelle que, conformément au principe du double degré de juridiction, les condamnés ont interjeté appel, et « il revient à la juridiction compétente, régulièrement saisie de leur appel, et non aux ‘autorités ivoiriennes’, de procéder à un nouvel examen de l’affaire et de statuer sur le bien-fondé des préventions retenues contre elles », a précisé Delbé Zirignon Constant.

Le gouvernement s’étonne, par ailleurs, de la démarche sélective adoptée par l’ONG qui défend spécifiquement les cas de trois détenues, au détriment des autres femmes dans la même situation.

« A ce jour, les femmes enceintes en détention sont au nombre de huit (…) D’où vient-il alors qu’Amnesty International ne se préoccupe que du sort de trois d’entre elles », s’interroge le Directeur, avant de faire observer que « le traitement différencié de personnes se trouvant dans une situation identique est constitutif de discrimination ».