L’ONG Human Rights Watch (HRW) accuse l’armée malienne, ses alliés de l’Africa Corps, contrôlé par la Russie, et les groupes rebelles de commettre de graves violations du droit de la guerre dans le Centre et le Nord du Mali, exhortant dans un communiqué publié ce lundi, le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine (UA) à agir pour mettre un terme à ces exactions.
Depuis juillet 2026, les forces armées maliennes et leurs alliés répondent aux attaques croissantes de groupes armés islamistes et séparatistes par des opérations de contre-insurrection entachées d’abus dans ces régions maliennes, explique l’ONG. Ces forces auraient tué et blessé des dizaines de civils lors d’attaques et en détention, en violation du droit international humanitaire.
Les combattants islamistes et séparatistes auraient également violé le droit de la guerre, notamment en torturant et en exécutant des soldats maliens capturés.
L’organisation tire ses conclusions des entretiens menés à distance, du 30 juillet au 20 septembre 2026, avec 30 personnes, dont 16 témoins d’abus, des défenseurs des droits humains, des leaders communautaires, des journalistes et un soldat malien. HRW a aussi vérifié et géolocalisé des vidéos publiées en ligne et analysé des photographies.
L’ONG dit avoir adressé, le 5 août, une lettre au ministre malien de la Défense, présentant ses conclusions et posant des questions, mais n’a reçu aucune réponse.
Alors que l’armée malienne, les groupes armés et les forces insurgées commettent de graves violations du droit de la guerre, les organisations internationales et les gouvernements restent en grande partie passifs, déplore Ilaria Allegrozzi, chercheuse senior sur le Sahel à HRW.
Pour elle, le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’UA « devrait procéder à une surveillance continue de toutes les parties au conflit au Mali en convoquant une session spéciale sur la protection des civils et la détermination des responsabilités, et en leur demandant instamment de mettre fin aux abus».
Le CPS devrait protéger les civils par des mesures concrètes ; publier des rapports publics réguliers et faire pression sur les autorités maliennes pour qu’elles mènent des enquêtes indépendantes sur les abus commis par l’armée malienne et ses alliés, ainsi que par les groupes armés, et proposer le soutien des experts en droits humains de l’UA dans le cadre de ces enquêtes.
