Bénin : le président Talon promet un dialogue politique déjà rejeté par ses adversaires

Le président béninois, Patrice Talon, s’est adressé, lundi 20 mai, à la nation, après les violences qui ont marqué les élections législatives du 28 avril dernier, et l’installation de nouveaux députés parmi lesquels ne figure aucun opposant.

Sur ces violences post électorales, le chef de l’Etat a exprimé sa profonde tristesse. « Ma tristesse est immense et je présente ma profonde compensation aux familles éplorées. Notre pays aura payé un lourd tribut et cela ne doit plus jamais se reproduire ». Dans ce cadre, il a souligné que « certains acteurs ont manqué de sagesse, de mesure et de patriotisme ».

Le président a évoqué un futur dialogue avec les acteurs politiques pour construire ensemble le pays et redonner espoir à tous les Béninois. « Conscient que nul ne devra manquer aux chantiers de construction de notre pays, j’inviterai très prochainement toute la classe politique pour des échanges directs, francs et constructifs au profit de notre bien commun, le Bénin », a-t-il assuré.

Talon s’est dit prêt à consentir des sacrifices possibles dans l’objectif de permettre que le Bénin se construise avec tous ses fils et toutes ses filles ensemble.

Il a également invité le « nouveau Parlement à rassurer l’opposition politique en procédant à la relecture responsable de la Charte des partis et du code électoral ».

Les partis d’opposition étaient exclus des législatives pour n’avoir répondu aux critères du nouveau code électoral. Seules deux formations politiques, proches du régime au pouvoir, avaient pris part au scrutin. L’opposition a réclamé en vain l’annulation des élections.

Les adversaires de Talon ont immédiatement réagi à son allocution. L’opposant Donklam Abalo a dénoncé son attitude défensive. « Nous sommes habitués à ce genre de monologue du président de la République qui ne reconnait jamais rien », a-t-il déploré. Le président du parti « Restaurer l’espoir », Candide Azannaï, a estimé que le discours du président révèle qu’il ne « comprend pas » la démocratie.

Un ancien député, Sacca Fikara, a affirmé que l’opposition serait en train de réfléchir à la réponse à donner à la main tendue du président. « Nous réfléchissons pour lui opposer une autre forme de combat digne de la violence qu’il a exercée sur notre peuple », a-t-il confié.

A propos de Arsene Severin

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