Un ancien ministre nigérian de la justice arrêté à Dubaï pour corruption

L’ancien ministre nigérian de la Justice, Mohammed Adoke, impliqué dans l’un des plus gros scandales de corruption de l’histoire de son pays, a été arrêté à Dubaï, a annoncé jeudi son avocat.

Adoke  qui avait également occupé le poste de procureur général, a été «brusquement arrêté par Interpol» le 11 novembre après s’être rendu aux Emirats Arabes Unis pour un traitement médical, a déclaré l’avocat Mike Ozekhome.

En avril, un tribunal nigérian avait délivré des mandats d’arrêt contre Adoke et l’ancien ministre du pétrole Dan Etete, en relation avec un scandale de corruption, dit de « Malubu », concernant un accord pétrolier de 1,3 milliard de dollars impliquant les compagnies pétrolières Eni et Shell.

L’avocat d’Adoke a cependant affirmé que les mandats avaient été annulés ensuite par un tribunal nigérian et que l’ancien ministre était «illégalement» maintenu en détention.

Le procureur général du Nigeria a déclaré que son bureau n’avait pas encore reçu de communication officielle au sujet de la détention d’Adoke et les autorités de Dubaï n’ont fait aucun commentaire à ce sujet.

L’actuel président, Muhammadu Buhari, réélu pour un second mandat en février dernier, a promis de mener un combat sans répit contre le «cancer de la corruption » qui gangrène le principal producteur de pétrole africain.

Le Nigeria, première puissance pétrolière du continent, est placé au 148e rang des pays les plus corrompus au monde (sur 180) par Transparency International.

L’ex-dictateur Sani Abacha, qui a dirigé le pays entre 1993 et 1998, aurait détourné à lui seul environ 4 milliards de dollars, soit 2 à 3% du PIB du pays chaque année, selon l’agence des Nations unies contre la drogue et le crime.

Début juin, le gouvernement de l’île anglo-normande de Jersey avait annoncé que près de 267 millions de dollars (238 millions d’euros) détournés par Sani Abacha avaient été saisis sur un compte bancaire hébergé dans ce territoire de la couronne britannique.

A propos de François Saint-Sauveur

Journaliste Ex RFI

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