La tension monte entre l’opposition et le président burundais

La situation reste très tendue au Burundi et particulièrement à Bujumbura, la capitale du pays, une semaine après le début de la mobilisation des opposants contre un troisième mandat que compte institutionnaliser l’actuel président, Pierre Nkurunziza.

Après un week-end de trêve, les contestations populaires ont repris de plus belle lundi. Les forces de l’ordre déployées depuis plusieurs jours dans de nombreux points névralgiques de la ville, notamment autour du palais présidentiel et au centre-ville, n’ont pas réussi à contenir la foule en colère.

La police elle aussi tentait lundi de retenir les manifestants déchainés dans des quartiers périphériques de la capitale pour éviter un embrasement de la situation.

Cependant, selon les médias, certains protestataires ont pu rejoindre le centre-ville de Bujumbura, malgré l’imposant dispositif sécuritaire mis en place pour empêcher tout rassemblement des manifestants.

Au vue de la situation chaotique qui prévalait la semaine passée, l’opposition politique avait annoncé vendredi dernier, la suspension de ses manifestations pour une durée de 48 heures. Elle craignait notamment la multiplication des actes de violences qui ont déjà occasionné la mort de plusieurs civils et policiers.

Les exactions commises depuis le 26 avril, date du début des violences, ont eu un effet dévastateur sur la majeure partie de Bujumbura, où plusieurs attaques à la grenade ont été signalées durant les premiers jours des contestations.

La principale revendication des manifestants est l’abandon par le président, Pierre Nkurunziza d’un nouveau mandat à la tête du pays. Vu l’ampleur de la contestation, même l’armée commence à prendre ses distances avec le palais présidentiel dans son bras de fer avec l’opposition autour des prochaines élections présidentielles, constatent les observateurs et les journalistes présents à Bujumbura.

Elu en 2005, puis réélu en 2010, le président burundais compte briguer un troisième quinquennat, en violation des termes de la Constitution du pays.

L’accord d’Arusha, qui avait ouvert la voie au dialogue politique et pacifique mettant fin à la longue guerre civile qu’a connue le pays durant les années 1990, limite en effet à deux, le nombre des mandats présidentiels.

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