Amnesty international alerte contre un retour imminent des exécutions en Algérie

La menace du retour de la peine de mort en Algérie, après 30 ans de trêve, inquiète les ONG de défense des droits humains, dont Amnesty International qui informe, dans un communiqué publié mardi 15 septembre, qu’Alger « examine des amendements au Code pénal qui étendraient l’usage de la peine de mort. »

« Les autorités algériennes doivent renoncer à tout projet visant à élargir le champ d’application de la peine de mort ou à reprendre les exécutions après plus de trois décennies d’interruption », a déclaré l’ONG, appelant le pouvoir algérien « à instaurer immédiatement un moratoire officiel, à titre de premier pas sur la voie de l’abolition totale de la peine capitale. »

Amnesty a également invité Alger à aborder les récents incendies dévastateurs sous l’angle des droits humains, en menant des enquêtes efficaces sur tous les facteurs ayant conduit à des décès tragiques et en veillant à ce que les responsables rendent des comptes sans recourir à la peine de mort.

Ces incendies se sont déclarés entre le 26 et le 30 août, ravageant des villages entiers en Kabylie et dans le nord-est de l’Algérie. En réaction, rappelle l’ONG, le président Abdelmadjid Tebboune a ordonné une révision du Code pénal, avant le 15 septembre, afin de « réintroduire » la peine de mort pour les « auteurs et commanditaires » d’incendies volontaires, précisant que toute sentence capitale définitive serait exécutée sans délai après épuisement des recours.

Les ravages et les décès causés par ces incendies sont une tragédie qui oblige les autorités algériennes à réagir immédiatement par des mesures de prévention et l’établissement des responsabilités, a déclaré Nadege Lahmar, chercheuse sur l’Algérie, cité dans le communiqué, ajoutant toutefois que tirer un trait sur plus de 30 ans sans exécutions constitue un recul pour le droit à la vie.

Selon elle, cette initiative présidentielle va à l’encontre des engagements internationaux de l’Algérie en matière de droits humains. De plus, elle contredit sa position habituelle en faveur des résolutions de l’ONU qui réclament un moratoire sur les exécutions en vue d’abolir la peine de mort.

Pour Amnesty International, la peine capitale constitue une violation du droit à la vie, et est le châtiment le plus cruel, inhumain et dégradant qui soit, qui n’a pas d’effet dissuasif spécifique sur la criminalité et perpétue un cycle de violences.