Maroc-Espagne-UE : Des eurodéputées contestent la «souveraineté espagnole» sur Ceuta

Des eurodéputés ont réfuté ce mardi 15 septembre, l’appartenance du préside marocain occupé Sebta (Ceuta) à l’Espagne et faisant partie de l’espace communautaire de l’Union européenne (UE), suscitant de vives réactions au sein du parlement européen qui débattait de la crise migratoire de fin juillet dernier dans les enclaves de Sebta et Melillia.

L’eurodéputée italienne, Ilaria Salis a ouvertement affirmé que «Ceuta n’est pas l’Espagne, Ceuta n’est pas l’Europe», une déclaration qui déclenché une vague de réactions lors d’une session du Parlement européen, dédiée à la crise migratoire à Sebta (Ceuta).

Pour argumenter sa position, Ilaria Salis a tenu a rappeler que Ceuta se situe géographiquement en Afrique et représente «un vestige du colonialisme européen», accusant en même temps, les partis espagnols et européens de droite et d’extrême-droite d’instrumentaliser cette crise migratoire à des fins électoralistes et de «propagande raciste et nationaliste».

Élue en 2024, Ilaria Salis siège au sein du groupe de la Gauche au Parlement européen et est membre de la commission des Libertés civiles, de la Justice et des Affaires intérieures. Elle est également membre de la délégation de l’Assemblée parlementaire de l’Union pour la Méditerranée et suppléante au sein de la délégation chargée des relations avec les pays du Maghreb, notamment avec le Maroc.

Une position similaire à celle de l’eurodéputée italienne, a été exprimée par a l’eurodéputée Suédoise Abir Al-Sahlani, membre de Renew Europe regroupant des formations libérales et centristes européennes, dont le Parti nationaliste basque (PNV).

Cette dernière a remis, elle aussi, en question la place de Ceuta dans l’espace communautaire européen en demandant à ses collègues : «Savez-vous seulement où se situe géographiquement Ceuta ? Et quelle est la différence entre être en Europe et faire partie de l’Union européenne?».

Les propos des deux eurodéputées ont aussitôt fait réagir les médias et certains responsables espagnols, qui y voient une remise en cause du soutien traditionnel du Parlement européen à la position de Madrid sur les deux présides marocains occupés.

A signaler qu’il ne s’agit pas d’un cas isolé, puisque des députés américains avaient déjà contesté publiquement l’appartenance de Ceuta et Melilla à l’Espagne. À la mi-juillet, la commission des crédits de la Chambre des représentants américaine avait affirmé dans un rapport sur le projet de loi de finances 2027 pour la sécurité nationale, le département d’État et les programmes connexes, que Ceuta et Melilla sont des territoires situés au Maroc.

Ladite commission, présidée par le républicain Mario Diaz-Balart, proche du secrétaire d’État, Marco Rubio, avait aussi rappelé dans son rapport, les multiples revendications du Maroc du retour sous sa souveraineté, des deux présides occupés qui par ailleurs, sont en terre africaine et ne font pas parties du continent européen et de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN).