L’Afrique du Sud réagit aux restrictions consulaires unilatérales imposées par les Etats-Unis

Le ministre sud-africain des Relations internationales et de la Coopération, Ronald Lamola, s’est dit préoccupé, mercredi 16 septembre à travers un communiqué, des restrictions unilatérales de visas annoncées par son homologue, le secrétaire Marco Rubio.

« Cette annonce s’inscrit une fois de plus dans la déformation des politiques intérieures de l’Afrique du Sud par des groupes marginaux qui se présentent à tort comme représentants des ‘minorités’ et des Afrikaners en général », dénonce le texte.

Soulignant que ces mesures américaines font fi des efforts nationaux pour corriger les traumatismes de l’Apartheid, le ministre, qui y voit une ingérence directe guidée par des groupes de pression minoritaires, a réaffirmé que la justice sociale et les droits fondamentaux restaient des « impératifs constitutionnels » dans son pays.

L’Afrique du Sud dit rester résolue à réparer les injustices du passé et à surmonter les défis actuels dans le plein exercice de sa souveraineté. « Il est de notre droit souverain d’adopter des lois qui répondent aux préoccupations de la nation face à des siècles d’injustice raciale. La législation à l’ère démocratique vise à améliorer le sort des personnes exclues pendant des siècles », défend le communiqué.

Ce pays d’Afrique australe rappelle avoir promulgué la loi n° 16 de 2023 relative à la prévention et à la lutte contre les crimes et discours de haine, conformément à ses engagements contre la discrimination raciale.

L’Afrique du Sud réaffirme sa souveraineté et défend l’indépendance de ses choix politiques face aux divergences d’opinions avec les Etats-Unis. Le pays s’engage à résoudre ses propres défis, dont « la criminalité qui touche tout le monde et ne cible personne en raison de sa race, de sa couleur ou de son origine sociale. »

Par conséquent, pour Pretoria, les discussions bilatérales en cours entre l’Afrique du Sud et les États-Unis sur ces questions montrent leur volonté commune de trouver une solution durable. Pour y parvenir, l’Afrique du Sud pose quelques conditions clés, dont le respect de la souveraineté et la prise en compte des spécificités.

« Nous maintenons que les difficultés rencontrées dans nos relations bilatérales avec les États-Unis ne peuvent être résolues que par un dialogue constructif entre les acteurs étatiques des deux côtés de la barrière diplomatique, et non par des actes unilatéraux », conclut le communiqué.