Crise à l’Est de la RDC : HRW appelle à accentuer la pression sur Kinshasa après les nouvelles sanctions américaines contre le Rwanda

Face aux nouvelles sanctions américaines ciblant le ministère rwandais de la Défense et la Zigama Credit and Savings Society, pour leur soutien logistique et financier à la rébellion M23 active à l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), l’ONG Human Rights Watch (HRW) a exhorté la communauté internationale à exercer également une pression sur Kinshasa.

Tout en saluant les sanctions du Trésor américain, qui gèlent tous les avoirs et intérêts des parties visées aux Etats-Unis et les empêchent de fait, d’utiliser le dollar américain dans leurs transactions internationales, l’organisation de défense des droits humains insiste sur le fait que la solution au conflit ne peut être unilatérale.

Citant des rapports onusiens, HRW souligne, que l’armée congolaise demeure le deuxième auteur des violations des droits humains dans la région, juste derrière le groupe armé M23.

« Les États-Unis et d’autres gouvernements devraient également faire pression sur la RD Congo pour qu’il mène des enquêtes et poursuive en justice ses propres forces responsables d’exactions, veille à ce qu’elles respectent le droit humanitaire », déclare Clémentine de Montjoye, Chercheuse senior à HRW.

Elle invite également la RDC à cesser immédiatement tout soutien ou collaboration avec d’autres « groupes armés abusifs » opérant dans la partie orientale du pays.

Pour que les négociations de paix aboutissent à une stabilité durable, la protection des civils et la reddition des comptes devraient s’appliquer de manière impartiale à toutes les parties au conflit, qu’il s’agisse des mouvements rebelles, des soutiens rwandais ou des forces officielles de Kinshasa, estime Clémentine de Montjoye.

L’ONG rappelle qu’en mars dernier, des premières sanctions américaines avaient visé les Forces de défense rwandaises (Rwanda Defence Force, RDF) et certains hauts responsables militaires.

Les nouvelles sanctions interviennent quelques semaines après que l’ex-Président congolais Joseph Kabila a annoncé la création d’une coalition politico-militaire incluant le M23, baptisée Front pour la refondation de la nation (FRN). Washington avait déjà imposé des sanctions à Kabila en avril pour son soutien présumé à des groupes armés.

HRW interpelle, par ailleurs, que les sanctions à elles seules ne suffiront pas à protéger les civils et devraient être accompagnées de mesures concrètes visant à mettre fin aux exactions.