L’ONU réclame justice après l’assassinat d’un infirmier anti-Ebola en RDC

Les Nations Unies ont fermement condamné le meurtre d’un infirmier engagé dans la riposte contre Ebola, dans la province de la Tshopo, au Nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), tout en réclamant l’ouverture d’une enquête pour faire la lumière sur les circonstances et mes mobiles de ce meurtre

L’incident s’est produit le 24 octobre dernier dans le territoire de Bafwasende. Deux professionnels de santé ont été pris pour cibles alors qu’ils participaient aux opérations de riposte contre l’épidémie d’Ebola.

« Je condamne fermement cette attaque et encourage une enquête approfondie. J’appelle les communautés à protéger les agents de santé et à leur permettre de travailler en toute sécurité », a déclaré, Julien Harneis, coordinateur principal de l’ONU chargé de la lutte contre Ebola, dans un communiqué relayé par le Service d’information de l’organisation.

Cette agression s’inscrit dans une série d’incidents visant des soignants et des intervenants humanitaires. Depuis plusieurs mois, les équipes de terrain signalent une méfiance persistante de certaines communautés à l’égard de la maladie et de la riposte sanitaire, allant jusqu’à s’en prendre aux centres et au personnel de la santé.

Pour l’ONU, ce climat de méfiance freine la lutte contre le virus, particulièrement dans les zones reculées et les nouveaux foyers épidémiques, déjà fragilisées par le manque de soignants et de matériel médical.

S’exprimant sur le réseau social X, le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a souligné que « toutes les personnes qui œuvrent pour protéger les communautés contre cette maladie mortelle doivent pouvoir travailler dans la dignité et en toute sécurité. »

De son côté, le directeur régional de l’OMS pour l’Afrique, Mohamed Yakub Janabi, a insisté sur le fait que « la santé n’est PAS une cible », et « la désinformation et la peur ne doivent jamais alimenter la violence. »

En RDC, huit provinces et 66 zones de santé sont désormais touchées par l’épidémie Ebola. Selon les données communiquées par Kinshasa, au 22 octobre 2026, le bilan cumulé s’élevait à 9.816 cas confirmés, dont 4.757 décès et 2.635 guérisons.

L’OMS s’inquiète de la complexité croissante de cette vague épidémique en Afrique, le virus circulant déjà dans plusieurs régions de l’Est, de l’Ouest et du Centre de l’Afrique.