Le mandat de la Mission des Nations unies au Sahara (MINURSO) a officiellement pris fin le samedi 31 octobre à minuit, après l’échec de sa reconduction pour un an, par le Conseil de sécurité de l’ONU en raison du faible nombre de voix (3 sur 15) que le projet de résolution russe a pu rassembler contre le quota exigé de 9 sur 15 voix.
Cette décision marque un tournant après 35 années de présence des casques bleus de l’ONU dans les provinces sud du Maroc et ouvre désormais la voie à une phase de liquidation de ses structures et de retrait progressif de ses équipements.
Dans une déclaration publiée le 1er novembre, le porte-parole du Secrétaire général de l’ONU, Stéphane Dujarric, a confirmé l’arrêt des opérations de la MINURSO et annoncé le lancement de la procédure de liquidation.
Une équipe réduite, relevant du Département de l’appui opérationnel des Nations unies, sera chargée de superviser le rapatriement des équipements appartenant aux pays contributeurs de troupes et le traitement du matériel de l’Organisation, ajoute Dujarric, précisant que le S.G de l’ONU, António Guterres a appelé les parties à coopérer pleinement afin de garantir un retrait ordonné et rapide.
Guterres a également salué le rôle joué par la mission depuis sa création en 1991, notamment dans la surveillance du cessez-le-feu et l’accompagnement des efforts politiques. Il a également rendu hommage aux vingt membres de la Mission, ayant perdu la vie durant ses 35 années d’activités.
Il a néanmoins assuré, que la fin des opérations de la MINURSO ne signifie pas le retrait de l’ONU du dossier du Sahara, a-t-il affirmé, assurant que l’Organisation entend poursuivre ses efforts en faveur d’un règlement pacifique, à travers son Envoyé personnel, Staffan de Mistura. L’ONU a en outre, exprimé ses préoccupations face aux risques d’une nouvelle escalade militaire, appelant toutes les parties à la retenue et au respect de la stabilité régionale.
Cette évolution intervient dans un contexte marqué par la nouvelle dynamique diplomatique impulsée par le Roi Mohammed VI et le soutien international croissant à l’initiative marocaine d’autonomie sous souveraineté du Royaume.
Par ailleurs, le veto que la diplomatie algérienne a sollicité et obtenu auprès des autorités russes, pour empêcher l’adoption le samedi 31 octobre, du projet de résolution américain sur le Sahara jugé favorable au Maroc, a mis à l’eau toutes les ambitions malveillantes du régime algérien à l’endroit de son voisin marocain.
Pour Rabat, la disparition la fin de la MINURSO constitue donc un changement important dans le dispositif onusien. Pour le Maroc, l’enjeu est désormais de consolider les acquis diplomatiques et de faire prévaloir son initiative d’autonomie comme unique cadre de règlement définitif du différend, dans le respect de son intégrité territoriale et de sa souveraineté.
