Madagascar condamne la visite de l’ancien président Rajoelina au Royaume d’Eswatini

Les nouvelles autorités de transition à Madagascar ont dénoncé vigoureusement ce week-end, l’accueil officiel réservé à l’ex-président malgache, Andry Rajoelina par les hautes autorités du Royaume d’Eswatini, y voyant un acte de « déstabilisation ».

« Un tel acte constitue une atteinte grave à la souveraineté de l’État malgache et un mépris des principes de justice, de responsabilité et de respect dus à un peuple meurtri et privé de ses droits fondamentaux durant la période du régime de M. Andry Rajoelina », indique un communiqué publié par Antanarivo.

Mettant en avant sa souveraineté, Madagascar affirme qu’il « ne saurait accepter qu’un individu visé par un mandat d’arrêt international fasse l’objet d’une quelconque légitimation sur la scène diplomatique régionale. »

Antananarivo rappelle que Rajoelina ne possède plus la nationalité malgache, « l’ayant volontairement perdue à la suite du choix d’une autre nationalité », et avertit le Royaume d’Eswatini que son « geste posé (…) apparaît comme un facteur de trouble et de perturbation » du processus de stabilisation en cours à Madagascar.

Les autorités malgaches affirment que Madagascar, avec l’accompagnement de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), « s’engage dans un processus résolument nécessaire au retour à l’ordre constitutionnel, et n’a aucunement besoin d’un tel acte de déstabilisation. »

Dans ce contexte, l’accueil officiel réservé à Rajoelina par le Royaume d’Eswatini est perçu par le peuple malgache « comme une insulte au sang versé, à la mémoire des victimes, au sacrifice de la jeunesse et à la dignité nationale », soutient-elles.

L’ex-président Rajoelina a été renversé par un coup d’État en octobre dernier. Le pays est sous une période de transition dirigée par le colonel Michaël Randrianirina.

Madagascar, qui dit demeurer « résolument engagé dans la défense de sa souveraineté, de la dignité de son peuple et de la mémoire de ses victimes », a adressé une lettre officielle au Secrétariat de la SADC afin de porter à sa connaissance les préoccupations majeures de l’État malgache.