Moscou érige l’indépendance économique de l’Afrique en priorité géopolitique

La Russie se positionne comme un partenaire stratégique de l’Afrique en prônant une décolonisation économique totale, dans un contexte où les matières premières de ce riche continent continuent d’être exportées sans générer un véritable profit pour les pays producteurs.

Cette position a été exprimé par le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Viktorovitch Lavrov, lors d’une séance de consultations de haut niveau tenue mardi avec le Président de la Commission de l’Union africaine (CUA), Mahmoud Ali Youssouf, au siège de la CUA à Addis-Abeba, en Ethiopie.

Dans son discours, le chef de la diplomatie russe a déclaré que l’Afrique connaît un second réveil, après le processus de décolonisation des années 1960 qui avait pour objectif principal l’indépendance politique, et auquel son pays, alors l’Union soviétique, avait joué un rôle essentiel.

«Dans la plupart des cas, l’indépendance politique a été assurée », même si « des possessions essentiellement coloniales subsistent sur le continent africain », mais «la décolonisation économique n’est pas encore devenue la priorité des Nations unies», a-t-il déploré.

Selon le ministre Lavrov, l’Afrique continue de fournir ses ressources naturelles uniques (sous d’autres formes, non coloniales) à ceux qui « reçoivent la majeure partie de leur valeur ajoutée».

Citant un discours du président de la CUA, prononcé lors du sommet de l’Union africaine en février dernier, Sergueï Lavrov a fait savoir que les discussions ont porté entre autres, sur les moyens d’obtenir la souveraineté économique, énergétique et financière après l’indépendance politique.

«Nous serons toujours des alliés de l’Union africaine dans cette entreprise. Nous saluons vivement les processus qui, inévitablement, commencent à se mettre en place », a-t-il soutenu, ajoutant que « la Russie et l’Afrique sont des partisans naturels du renforcement de la tendance historique objective de la création d’un monde multipolaire».

Selon la CUA, la rencontre entre Lavrov et Youssouf a permis un échange de vues ouvert et constructif sur l’actualité internationale et régionale, notamment sur l’évolution du contexte géopolitique mondial, l’état de la coopération multilatérale, la réforme de la gouvernance mondiale et les défis en matière de paix et de sécurité qui affectent l’Afrique et le monde.