L’ONG Human Rights Watch (HRW) s’est dit offusquée, hier mardi dans un communiqué, par les lourdes peines de prison et des amendes infligées ces derniers jours, à huit défenseurs des droits humains, poursuivis pour leurs actions militantes, dont deux éminentes activistes qui ont fait l’objet de sentences très sévères.
Il s’agit de Sihem Bensedrine, ex-présidente de l’Instance Vérité et Dignité, condamné le 26 juin dernier par un tribunal de première instance de Tunis, à 25 ans de prison et à une amende, à payer conjointement avec plusieurs autres prévenus, d’un montant d’environ 1,8 milliard de dinars tunisiens (environ 600 millions de dollars US).
Huit ans de réclusion et une amende de 122.000 dinars (environ 41.400 dollars), c’est la peine confirmé en appel, trois jours plus tôt par la Cour d’appel de Tunis, contre Saadia Mosbah, présidente de l’association antiraciste Mnemty.
Pour Bassam Khawaja, directeur adjoint de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à HRW, « ces peines de prison sévères et ces amendes astronomiques constituent un nouveau coup dur pour les défenseur-e-s des droits humains et toutes les personnes qui luttent pour préserver ce qui reste de l’espace civique en Tunisie».
« En s’en prenant à des figures de proue de la défense des droits humains, les autorités (tunisiennes) étouffent leurs revendications et répriment la quête de justice sociale en Tunisie », a-t-il poursuivi.
Selon l’ONG, ces dernières condamnations ont été prononcées dans un contexte de rétrécissement drastique de l’espace civique et d’attaques croissantes contre les organisations de la société civile et leurs membres en Tunisie.
HRW appelle les autorités tunisiennes à annuler immédiatement ces condamnations, libérer les personnes incarcérées et mettre fin aux poursuites abusives à l’encontre des défenseur-e-s des droits humains.
L’organisation invite également les partenaires internationaux de la Tunisie, notamment l’Union européenne, à condamner d’urgence la persécution continue des défenseurs des droits humains, et à faire pression sur le gouvernement pour qu’il protège l’espace civique.
L’ONG rappelle enfin, que la Tunisie est un État partie au Pacte international relatif aux droits civils et politiques et à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, qui garantissent, entre autres, le droit de ne pas faire l’objet d’une arrestation ou d’une détention arbitraire.
