Un nouveau rapport publié au début de cette semaine à Djibouti par le Groupe de la Banque mondiale révèle que le secteur privé peut investir au moins 600 millions de dollars et créer 12 000 emplois en cinq ans dans ce pays.
Ce document, intitulé « Diagnostic du secteur privé du pays » (CPSD) identifie d’abord les obstacles que connaissent les entreprises locales, malgré une croissance économique solide du pays et d’importants investissements directs étrangers dans ses infrastructures portuaires.
Ces sociétés feraient face à la cherté de l’électricité, à l’accès limité au financement, aux déficits de compétences et aux restrictions à la concurrence dans des secteurs clés. Pour y remédier, le rapport propose des réformes dans trois secteurs prioritaires, notamment l’énergie solaire, les centres de données et le tourisme.
Selon le tableau peint par la Banque, l’électricité représente le principal coût pour les entreprises locales, le tarif commercial atteignant 25 centimes de dollars par kilowattheure, contre une moyenne régionale africaine de 14 centimes.
Si depuis 2022, les investisseurs privés ont déployé environ 10 mégawatts de capacité solaire hors réseau à Djibouti, le rapport recommande de relever les plafonds d’autoproduction, de clarifier les modalités d’achat d’électricité, de renforcer la régulation du secteur énergétique, et de développer les compétences.
« Ensemble, ces mesures pourraient mobiliser jusqu’à 390 millions de dollars d’investissements et créer plus de 8 500 emplois sur cinq ans », indique le rapport.
Concernant les centres de données, la Banque estime qu’en adaptant le cadre règlementaire et en sécurisant l’approvisionnement énergétique, le pays pourrait attirer jusqu’à 240 millions de dollars d’investissements, et créer entre 700 et 1 300 nouveaux emplois. Le défi actuel est que Djibouti, traversé par huit câbles sous-marins opérationnels reliant l’Asie, l’Europe et l’Afrique, voit son infrastructure numérique approcher sa pleine utilisation.
Les atouts touristiques djiboutiens reposent sur des sites naturels uniques. Le rapport met en avant le lac Assal, point émergé le plus bas d’Afrique, les cheminées calcaires du lac Abbé, l’écotourisme marin, ainsi qu’un patrimoine culturel reconnu.
La Banque identifie des réformes en matière de licences, de données et de compétences pour concrétiser les intentions d’investissement. Ces mesures pourraient générer entre 66 et 180 millions de dollars d’investissements et 2 600 emplois.
Le portefeuille actuel de la Banque, partenaire de Djibouti depuis 1980, représente près de 500 millions de dollars d’engagements dans des projets couvrant divers domaines.
