Mali : Au moins une vingtaine de mort après une nouvelle attaque de villages

Une nouvelle attaque de deux villages dogons dans le centre du Mali à fait au moins une vingtaine de morts, voire une quarantaine, selon différents bilans établis mardi de sources judiciaire et militaire.
Les villages de Gangafani et de Yoro, près de la frontière avec le Burkina Faso, ont été touchés lundi par des attaques, a annoncé le procureur du pôle judiciaire spécialisé de lutte contre le terrorisme, Boubacar Sidiki Samaké, évoquant un « bilan provisoire de 14 morts ».
Il a néanmoins appelé à la prudence, « pour éviter la polémique regrettable autour du bilan de Sobane Da ». Le procureur faisait référence à un village dogon du centre du Mali où une attaque le 9 juin a fait 35 morts, dont 24 enfants, alors qu’un précédent bilan avait fait état d’au moins 95 morts et 19 disparus.
Une source militaire malienne a pour sa part cité un bilan de « 40 civils tués » lors de ces attaques « dans les villages de Yoro et de Gangafani ».
Depuis l’apparition en 2015 dans la région de groupe jihadiste, recrutant prioritairement parmi les Peuls, traditionnellement éleveurs, les affrontements se multiplient entre cette communauté et les ethnies Bambara et Dogon, pratiquant essentiellement l’agriculture, qui ont créé leurs « groupes d’autodéfense ».
Le 23 mars, le massacre de quelques 160 Peuls du village d’Ogossagou, près de la frontière avec le Burkina Faso a été attribué à des chasseurs dogons.
Lors d’un déplacement à Sobane Da le 13 juin, le président malien Ibrahim Boubacar Keïta a récusé toute notion de « conflit interethnique » et promis la confiscation des armes illicites dans la région.
M. Keïta a annoncé le « désarmement de tous ceux qui détiennent illégalement les armes », sous peine de sanctions. Il a mis en garde les jeunes contre la tentation de la vengeance.
Le nord du Mali était tombé en 2012 sous la coupe de groupes jihadistes. Depuis 2015, les violences se sont propagées du Nord vers le centre, voire parfois le Sud, se mêlant très souvent à des conflits intercommunautaires, un phénomène que connaissent également le Burkina Faso et le Niger voisins.

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