Manifestation de réfugiés soudanais devant le HCR à Agadez au nord du Niger 

Une centaine de demandeurs d’asile soudanais d’un camp de l’ONU ont manifesté jeudi à Agadez au nord du Niger, pour exiger l’accélération de leur dossier de demande de statut de réfugiés et leur acheminement vers l’Europe.

«Ce sont des enfants mineurs qui ont appris que certains enfants (réfugiés érythréens, somaliens) acheminés de Libye ont commencé à être réinstallés (notamment) en Europe», a déclaré à la presse un responsable onusien. Dans la foulée, les manifestants ont réclamé «plus de nourriture et de savon».

La représentante du HCR au Niger en mission à Agadez en compagnie de responsables de l’ONG Caritas internationale, «a pu calmer la situation à l’issue d’une réunion » avec les manifestants « plus adultes», a assuré ce responsable.

Mi-décembre 2018, des Soudanais évacués de Libye avaient manifesté pendant plusieurs jours devant le HCR à Niamey pour exiger une accélération de leur installation dans des pays d’accueil, notamment en Europe.

Des centaines de réfugiés, en particulier des Ethiopiens et des Erythréens vivant à Niamey, ont pu être réinstallés en France, en Suisse, aux Pays-Bas, en Suède et en Finlande et d’autres attendent un pays d’accueil.

En juin 2018, le Haut Commissaire de l’ONU aux réfugiés (HCR), Filippo Grandi, avait demandé aux européens d’accélérer les procédures de départs des pays de transit, des réfugiés qu’ils ont décidé d’accueillir sur leur sol.

«Nous avons eu beaucoup d’offres de réinstallation de réfugiés par beaucoup de pays européens, mais ce qui m’inquiète, c’est la mise en œuvre des départs qui est trop lente», a déploré Filippo Grandi.

Il avait notamment visité des centres d’accueil de réfugiés à Agadez, dans le nord du Niger, grande zone de transit des migrants à destination de la Libye et de l’Europe.

Il a salué l’accord entre le HCR et le Niger pour qu’il serve de pays de «transit» aux personnes réfugiées «vulnérables» et vivant surtout dans des camps de «détention» libyens.

Mais «il faut que ces gens partent du Niger afin qu’ils n’y restent pas trop longtemps», a-t-il expliqué. Or, «en six mois, seules 200 personnes sont parties du Niger, alors que 1.200 autres viennent à peine d’arriver de Libye», a-t-il déploré.

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