Mali : RFI met à mal la version de l’armée française de l’assassinat de Ghislaine Dupont et de Claude Verlon

RFI (Radio France Internationale), média employeur des deux journalistes tués, a révélé hier lundi les résultats de sa propre enquête selon laquelle l’armée française aurait pourchassé les ravisseurs en hélicoptère, démentant ainsi la version officielle de celle-ci et relançant les interrogations sur le déroulement réel des faits.

S’appuyant sur plusieurs témoignages d’anciens responsables militaires ainsi que sur des auditions de djihadistes par les enquêteurs maliens, RFI affirme que l’armée française a pourchassé les ravisseurs en hélicoptère, après l’enlèvement des journalistes et avec le concours de la Minusma, la mission des Nations au Mali. Il y aurait eu au moins un contact visuel entre les forces spéciales et les djihadistes.

Or, dans sa version officielle, l’armée française avait affirmé qu’elle n’avait eu « aucun contact visuel ou physique » avec les ravisseurs, ni même avec « un véhicule en fuite » et que c’est un convoi d’une trentaine de militaires français et de six véhicules blindés qui avait découvert les corps criblés de balles des reporters, près du pick-up en panne de leurs ravisseurs. L’enquête semblait privilégier la thèse d’une prise d’orages ratée, qui avait tourné au drame.

Les informations de RFI n’ont pas été commentées par le porte-parole de l’état-major des armées et suscitent de nouvelles questions qui restent sans réponse. Les forces spéciales ont-elles simplement voulu garder la trace des ravisseurs ? Ont-elles tenté une action pour libérer Ghislaine Dupont et Claude Verlon ? Y a-t-il eu échange de tirs ?

Le 2 novembre 2013, Ghislaine Dupont, 57 ans, et Claude Verlon, 55 ans, respectivement journaliste et technicien à RFI, étaient enlevés à Kidal, après une interview, quelques mois après l’opération française Serval destinée à chasser les djihadistes qui occupaient le nord du Mali et menaçaient de marcher sur Bamako. Ils étaient assassinés dans l’heure qui suivait, non loin de la ville, par des djihadistes d’AQMI (Al-Qaïda au Maghreb Islamique).

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