Le parti de Blaise Compaoré suspendu

Le Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP), parti de l’ex-président burkinabè, Blaise Compaoré, a été suspendu ce lundi, dans la foulée des récents limogeages de patrons des sociétés publiques et de la nationalisation d’entreprises détenues par le privé.

Le ministre de l’Administration territoriale de la sécurité, Auguste Denise Barry a précisé dans un communiqué diffusé lundi, que le CDP a été provisoirement suspendu pour activité incompatible avec la loi. Il a néanmoins, précisé qu’il ne s’agit par d’une dissolution, mais d’une simple suspension qui vise à éviter des troubles à l’ordre public. Selon le ministre, des partis politiques continuaient à se réunir et à mener des activités pouvant déclencher de graves troubles sociaux dans le pays.
Il s’agit sans doute de l’une des mesures les plus fortes prises par les autorités de transition qui affiche ainsi sa volonté de vouloir tourner la page des années Compaoré. La décision coïncide avec le retour à Yamoussoukro du président déchu, Blaise Comparé à l’issue d’un court séjour au Maroc, où il comptait demander l’asile, mais en vain.
Les mesures de suspension ont touché également d’autres formations politiques proches de l’ancien régime, dont l’ADF/RDA (Alliance pour la démocratie et la fédération/Rassemblement démocratique Africain), la troisième force politique du pays ainsi que la Fédération associative pour la paix et le progrès avec Blaise Compaoré (FEDAP-BC), qui était le fer de lance du gouvernement Compaoré, au sein de la société civile.
Le parti de l’ex-président, le CDP n’a pas réagi à la décision de suspension, mais l’ADF/RDA a dit en « prendre acte » et a demandé à tous ces militants de suspendre toutes les activités politiques en province et à Ouagadougou. Car selon l’un de ses cadres « une telle mesure, selon la loi, ne devrait pas excéder trois mois».
La rupture avec le camp de l’ex-président Compaoré qui peine à trouver un pays d’accueil après son éviction du pouvoir en octobre dernier, les analystes sur place, l’expliquent par la volonté du gouvernement de transition, de créer un climat de paix et de tranquillité en prévision des prochaines élections législatives et présidentielles prévues en novembre 2015.

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