L’ONU tire la sonnette d’alarme sur un « climat de peur et d’intimidation » qui règne au Burundi

La commission d’enquête de l’ONU, a fait part, dans un rapport publié mercredi, d’un « climat de peur et d’intimidation » qui règne au Burundi, à l’approche des élections présidentielle, parlementaires et locales en 2020.

Cette commission, mise en place par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU en 2016, décrit comment les autorités locales et les membres de la ligue des jeunes du parti au pouvoir (des Imbonerakure), sont à l’origine des meurtres, disparitions, arrestations et détentions arbitraires, actes de torture, contre des membres de l’opposition.

« Ce sont les autorités locales qui se servent des Imbonerakure. Elles leur demandent par exemple de vérifier qu’il n’y ait pas de réunions illégales de nuit. Ils arrivent, ils frappent à la porte et ils enlèvent souvent un fils, un mari et en même temps, ils battent la femme, souvent avec des violences sexuelles », déclare Françoise Hampson, une des auteurs du rapport.

La commission d’enquête estime que, dans ce contexte d’intimidation de la population et de l’impunité généralisée, il est pratiquement impossible de tenir des élections libres, et exhorte la communauté internationale de faire pression sur le Burundi pour y faire améliorer la situation des droits de l’homme.

« Aujourd’hui au Burundi, il est extrêmement dangereux de s’exprimer de manière critique », selon le président de la commission, Doudou Diène. « L’étouffement » des voix critiques « est ce qui permet au pays de présenter une illusion de calme », a appuyé Lucy Asuagbor, membre de la commission.

Pour le scrutin de 2020, les enquêteurs demandent la révision du code électoral afin de permettre une participation sans discrimination, la libération des détenus politiques ou encore le déploiement d’observateurs électoraux.

Soulignons que la commission n’a pas eu accès au territoire burundais. Son rapport s’est basé sur plus de 1.200 témoignages de victimes, de témoins et d’autres sources. Il sera présenté le 17 septembre devant le Conseil des droits de l’homme.

Qu’à cela ne tienne, les autorités burundaises qualifient ce document d’« exagéré ». Bujumbura, qui refuse de coopérer avec les enquêteurs, met déjà en avantle fait que le président Pierre Nkurunziza ne sera plus candidat à sa propre succession, pour démontrer les avancées enregistrées dans le pays.

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