Le 1er ministre tunisien répond au ministre de la Défense qui l’a appelé à démissionner

Le Chef du gouvernement tunisien, Youssef Chahed, a qualifié d’ «irresponsables», les déclarations de son ministre de la Défense, Abelkrim Zbidi qui l’a invité à rendre le tablier, tout en se disant étonné par ce comportement d’un membre de son équipe.

«La démission du Chef du gouvernement signifie la démission de l’ensemble du gouvernement, y compris du ministre de la Défense nationale», a fait remarquer Chahed, lors de l’ouverture du Salon international de l’agriculture qui se tient du 24 au 29 septembre dans une banlieue Nord de Tunis, la capitale.

Zbidi a tenu ses propos en réaction à l’appel du Premier ministre à «sauver la Tunisie» par un dialogue en vue d’unir la famille centriste progressiste lors des prochaines élections législatives, prévues pour le 6 octobre 2019. Chahed s’était exprimé ainsi après les résultats du premier tour de la présidentielle.

Candidat perdant à ce premier tour, Chahed avait regretté, après l’annonce des résultats préliminaires, qu’aucun candidat issu de la famille démocratique n’ait accédé au second tour de la présidentielle, une situation due, selon lui, à l’éparpillement de cette famille.

« Celui qui est à l’origine de l’aggravation de la situation économique et la détérioration des conditions de vie de citoyens, la destruction de la vie politique et partisane, fait partie du problème et ne peut pas faire partie de la solution et que les principes de la démocratie l’obligent à reconnaître son échec et sa responsabilité et à se démettre de ses fonctions », a écrit Zbidi sur son compte Facebook, lundi 23 septembre.

Le ministre de la Défense était également candidat à l’élection présidentielle, arrivé 4ème du scrutin avec 10,7% des voix. Il a intenté un recours contre les résultats auprès du tribunal administratif qui l’a rejeté.

Toutefois, il a qualifié les résultats du premier tour de « satisfaisants » dans la mesure où ils permettent « l’élimination d’un système de corruption qui visait à établir une nouvelle dictature de plusieurs années ».

Ce ministre n’a pas donné de consignes de vote à ses électeurs, pour le second tour. Il a tout simplement exhorté « tous les Tunisiens à voter (…) pour la personne qu’ils trouvent compétente et qui a les compétences nécessaires ».

A propos de François Saint-Sauveur

Journaliste Ex RFI

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