RDC: Kabila autorisé par la Cour constitutionnelle à rester au pouvoir

La Cour constitutionnelle (CC) en République démocratique du Congo (RDC), a déclaré mercredi, que le président sortant, Joseph Kabila pourrait rester au pouvoir, après son deuxième mandat, au cas où l’élection présidentielle n’est pas organisée cette année.

La Cour a été saisie par les députés de la majorité présidentielle (MP), pour «interprétation» de certains articles de la Constitution relatifs à la fin du mandat présidentiel. Dans son arbitrage, la CC avait à faire le choix entre deux articles de la loi fondamentale qui régissent ce cas de figure, mais il semble qu’elle ait opté pour la solution visiblement la plus avantageuse pour le président sortant.

«Suivant le principe de la continuité de l’Etat et pour éviter le vide à la tête de l’Etat, le président actuel reste en fonction jusqu’à l’installation du nouveau président élu», précise l’arrêt de la CC publié ce mercredi par son président Benoît Luamba.

Une position qui ne devrait pas surprendre l’opposition congolaise dans la mesure où elle redoute, depuis plusieurs mois déjà, l’intention du président Kabila, soutenu par son entourage, de se maintenir au pouvoir au-delà de ses deux mandats, en violation de la loi.

Pour les opposants de Kabila, le recours à la CC pour interprétation de la loi fondamentale n’est qu’une manœuvre, parmi tant d’autres, engagées par le régime au pouvoir pour faire passer inutilement le temps. Selon la Constitution, le scrutin présidentiel devrait avoir lieu en novembre prochain. Mais cette échéance à laquelle tiennent l’opposition et la communauté internationale risque d’être repoussée, compte tenu de la situation politique qui prévaut actuellement dans le pays.

Le président Kabila appelle ses adversaires au dialogue pour discuter du processus électoral, mais ces derniers, hormis une petite poignée, n’entendent pas les choses de cette manière, dénonçant une distraction par le pouvoir.

L’opposition devra désormais composer avec la décision de la Cour constitutionnelle qui risque de crisper davantage la situation politique déjà tendue dans le pays. Ce mercredi, l’opposant Moïse Katumbi, candidat à la prochaine présidentielle, était entendu pour la deuxième fois, par la justice, avant d’être relâché. Il est accusé d’avoir recruté à son compte des mercenaires étrangers.

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