Libye : Un raid de l’ANL contre un centre de migrants près de Tripoli fait des dizaines de morts

Une frappe aérienne de l’armée nationale libyenne (ANL) du maréchal Khalifa Haftar, contre le centre de détention de migrant situé à Tajoura dans la banlieue de Tripoli, a fait près de 40 morts et plus de 70 blessés selon un bilan provisoire qui pourrait encore s’alourdir, ont annoncé des responsables du centre.

Selon un porte-parole des services de secours, le hangar atteint de plein fouet par la frappe abritait 120 migrants. A l’instar des responsables du centre, le gouvernement d’union nationale libyen (GNA), basé à Tripoli et reconnu par la communauté internationale, a attribué l’attaque au «criminel de guerre, Khalifa Haftar».

La frappe aérienne n’a pas été revendiquée, mais des médias pro-Haftar ont fait état hier mardi soir d’une «série de raids aériens» contre des cibles à Tripoli et Tajoura.

La banlieue de Tajoura abrite plusieurs sites militaires appartenant aux groupes armés pro-GNA et est régulièrement la cible de raids aériens des forces du maréchal Haftar.

Celles-ci ont promis cette semaine d’intensifier les frappes aériennes contre leurs rivales du GNA, après avoir perdu Gharyan, une ville située à une centaine de kilomètres de Tripoli, dont le maréchal avait fait son centre opérationnel dans son offensive contre la capitale.

Ce nouveau drame devrait apporter de l’eau au moulin des agences des Nations unies et des organisations humanitaires qui rappellent régulièrement leur opposition à la reconduite des migrants interceptés en Méditerranée, en Libye soient où ils sont réadmis «en détention arbitraire» dans des centres ou se retrouvent à la merci de milices armées.

La situation de ces migrants s’est encore aggravée depuis le début, le 4 avril dernier, de l’offensive militaire de l’armée du maréchal Haftar pour s’emparer de Tripoli.

Selon la Mission d’appui des Nations unies en Libye (Manul), environ 3.500 migrants et réfugiés sont «en danger dans des centres de détention situés près de zones d’affrontements». Malgré cette instabilité persistante, la Libye reste un important pays de transit pour les migrants fuyant les conflits et l’instabilité dans d’autres régions d’Afrique et du Moyen-Orient.

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