Une humanitaire française travaillant pour le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) en République démocratique du Congo (RDC), Karine Buisset, a été victime, mercredi 11 mars, d’une frappe de drone ayant touché un bâtiment résidentiel accueillant du personnel humanitaire à Goma, ville sous contrôle du groupe armé M23, située dans la province du Nord-Kivu, dans l’Est du pays.
Selon un communiqué de la Mission de paix des Nations Unies en RDC (MONUSCO), l’attaque de drone a également entraîné la mort de deux civils et causé des dégâts à des habitations civiles. «Je condamne avec la plus grande fermeté l’usage d’armes et de drones d’attaques qui mettent en danger les populations civiles et le personnel des Nations Unies», a déclaré le Représentant spécial adjoint du Secrétaire général de l’ONU en RDC et Chef par intérim de la MONUSCO, Bruno Lemarquis, ajoutant que « cette escalade de la violence est profondément préoccupante ».
Après avoir exprimé ses plus sincères condoléances à la famille, aux proches et aux collègues du membre de l’employée décédée, ainsi qu’aux familles des autres victimes civiles, il a salué « le dévouement et le professionnalisme du personnel des Nations Unies au service du peuple congolais».
Lemarquis a prévenu que le faite de cibler le personnel onusien pourrait constituer un crime de guerre conformément au Statut de Rome, avant de sommer toutes les parties de respecter le droit international humanitaire.
Le Chef par intérim de la MONUSCO a exigé « une enquête rapide, indépendante et crédible » sur cet incident afin d’identifier les responsables et de les traduire en justice, appelant toutes les parties à cesser immédiatement les violences, conformément à leur engagement de respecter le cessez-le-feu, tout en privilégiant la voie de la solution politique.
De son côté, l’UNICEF, « bouleversé et indigné » par le décès de son employée, a fait savoir qu’il « continue de recueillir des informations supplémentaires sur cet événement tragique qui rappelle à quel point la protection des acteurs humanitaires est essentielle en toutes circonstances ».
Le mouvement politico-militaire AFC/M23, qui attribue l’attaque au régime de Kinshasa, voulant s’en prendre à son coordonnateur Corneille Nangaa, contrôle la ville de Goma depuis janvier 2025.
