Niger-Areva : Le président Issoufou accusé de haute trahison

Des députés de l’opposition nigérienne ont saisi mercredi, le bureau de l’Assemblée nationale pour une affaire de «haute trahison» à l’encontre du président de la république, Mahamadou Issoufou.

Trente-quatre députés ont accusé le président Issoufou de dilapidation des ressources nationales, lui reprochant d’avoir signé des conventions «obscures» avec le groupe français Areva dans le domaine d’exploitation de l’uranium.

L’opposition ne faiblit pas avec ses attaques contre le président Mahamadou Issoufou qui est candidat à sa propre succession à la présidentielle de 2016. Au début du mois, les leaders du Front patriotique républicain (FPR, coalition des partis de l’opposition et des organisations de la société civile) ont appelé à des manifestations, accusant Issoufou de «préparer des fraudes massives pour un passage en force» dès le premier tour du scrutin programmé pour le 21 février 2016.

Cette fois-ci ce sont des députés qui montent au créneau avec le vieux dossier des conventions avec Areva qui exerce au Niger depuis des décennies. Les dernières conventions ont été signées en octobre 2014 entre le gouvernement nigérien et l’opérateur nucléaire français, mais les contours de ces accords restent toujours flous de l’avis de l’opposition. D’aucuns accusent aussi Areva de ne payer au Niger que des taxes au rabais.

Toutefois, la requête des députés a peu de chance d’aboutir dans la mesure où aucun texte de loi ne prévoit une procédure autorisant les députés de mettre en accusation le président de la République. Aussi, l’opposition est minoritaire au Parlement.

Le climat politique s’annonce de plus en plus tendu à trois mois des élections. Mais Mahamadou Issoufou semble serein. Présent à Malte dans le cadre du Sommet Afrique-Europe sur la crise migratoire, le président nigérien a reconnu, au cours d’une interview, que les dirigeants africains ont une part de responsabilité dans le phénomène de migration de masse, dans les pays où la démocratie est absente. Es-ce le cas du Niger ? Ses opposants diront probablement oui !

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