La primature sénégalaise a annoncé, ce mercredi 08 avril, une refonte totale de l’approche nationale vis-à-vis du secteur informel, compte tenu des limites que représente la stratégie actuelle.
S’exprimant lors d’un Conseil des ministres, le Premier ministre Ousmane Sonko a rappelé que « l’économie informelle est une fragilité structurelle » du modèle de développement du Sénégal, et que, dans ce cadre, la formalisation du secteur dit « informel » est à la fois une « condition de la compétitivité » du pays et « un défi », rapporte le compte rendu de la réunion.
Sonko a dressé un constat, selon lequel ce secteur se définit par une faible productivité, une assiette fiscale étroite, une couverture sociale insuffisante et un pilotage institutionnel fragmenté. Quant à la Stratégie nationale intégrée de Formalisation de l’Économie informelle (SNIFEI 2022-2026), elle n’aurait pas atteint ses objectifs, d’après lui.
Face à ce bilan mitigé, le Premier ministre a appelé à une évaluation indépendante et rigoureuse de cette stratégie, pour donner naissance à une « stratégie rénovée » qui reposera sur une nouvelle doctrine incitant fortement à la formalisation et sanctionnant les situations de fraude organisée.
De ce point de vue, Sonko a estimé que la formalisation ne sera plus une contrainte, mais un levier de compétitivité, de création d’emplois décents et de transformation structurelle de notre économie.
Le Premier Ministre a identifié quatre catégories distinctes de l’informel, à savoir l’informel de survie, l’informel de transition, l’informel d’optimisation et l’informel illicite.
Comme stratégies pour faire face à cette réalité, ce responsable a mis en avant l’alignement des dispositifs d’appui et l’approche interministérielle, ainsi que des arbitrages stratégiques, notamment l’opérationnalisation effective du statut de l’entreprenant, l’immatriculation comme condition d’accès aux avantages publics, une protection sociale visible et accessible et, une lutte renforcée contre la fraude organisée.
Sonko a donné au Ministre, Secrétaire général du Gouvernement, un délai de quinze jours pour proposer l’organisation d’un Conseil interministériel dédié à la formalisation.
Ledit Conseil devra permettre l’adoption d’une stratégie nationale rénovée, assortie d’une feuille de route opérationnelle, d’objectifs chiffrés par ministère et d’arbitrages budgétaires et réglementaires clairs, conclut le communiqué.
