La mort du rwandais Bihozagara ravive la tension entre Kigali et Bujumbura

L’ancien ministre et diplomate rwandais, Jacques Bihozagara, détenu depuis décembre 2015 au Burundi pour un présumé espionnage, est mort subitement, ce mercredi 30 mars, dans la prison centrale de Mpimba à Bujumbura.

Les autorités rwandaises se disent choquées par ce décès et exigent des explications pour cet assassinat. Les autorités du Burundi doivent éclaircir «cette mort subite, qui soulève beaucoup de questions», a martelé la ministre rwandaise des Affaires étrangères.

Selon les témoignages de certains détenus de la prison où était incarcéré Bihozagara, celui-ci était tombé brusquement malade et qu’il serait mort juste quelques minutes après avoir été évacué à l’hôpital de la prison. Mais le mystère qui entoure les circonstances de cette mort subite reste encore entier pour Kigali qui veut comprendre de quoi est mort son ex-ministre. Des rumeurs courent déjà sur un possible empoisonnement.

Bihozagara, ancien ministre de la jeunesse et ancien ambassadeur du Rwanda en Belgique et en France, a été arrêté le 4 décembre dernier par le Service national de renseignement, qui dépend directement du président Pierre Nkurunziza. Il était accusé «de travailler pour les renseignements de son pays», alors que les relations entre les deux pays voisins s’étaient détériorées à cause de la crise politique que traverse le Burundi.

L’ancien ministre rwandais se rendait régulièrement au Burundi, après sa retraite, pour ses business et pour visiter ses parents. Pour les autorités de Kigali, sa détention était illégale.

Cette affaire risque d’envenimer davantage les relations déjà tendues entre le Rwanda et le Burundi qui accuse son voisin de soutenir les rebelles burundais et de vouloir renverser le régime en place à Bujumbura, des accusations que le Rwanda a toujours rejetées.

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