Zimbabwe : Ouverture d’une enquête sur les déclarations anti-Mugabe des anciens combattants

Les autorités du Zimbabwe ont annoncé samedi, l’ouverture d’une enquête sur les déclarations des anciens combattants qui ont dénoncé l’attitude dictatoriale du président Robert Mugabe, leur allié traditionnel.

Jeudi 21 juillet, ces vétérans ont publié un communiqué dans lequel ils ont noté «avec inquiétude, choc et une totale consternation le renforcement des tendances dictatoriales incarnées par le président» Mugabe, et menacé de ne pas soutenir «un tel dirigeant» aux prochaines élections de 2018.

Les anciens combattants qui ont participé, avec Robert Mugabe, à la guerre d’indépendance du Zimbabwe dans les années 1970, et qui ont toujours soutenu son régime, estiment désormais que le chef de l’Etat a «lamentablement échoué» à résoudre les problèmes économiques du pays.

Le ministre des Anciens combattants, Walter Tapfumaneyi, traitant le communiqué des vétérans de «traitre» a diligenté une enquête pour déterminer l’identité précise des auteurs du communiqué et les traduire en justice, selon un communiqué rendu public samedi. Il a aussi appelé «tous les vétérans patriotes de la lutte pour la libération à rester loyal au président et au parti (au pouvoir), de rester disciplinés et de se méfier des machinations des détracteurs du Zimbabwe».

La veille, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), principal parti d’opposition zimbabwéen, a «félicité» les anciens combattants qui «voient enfin la lumière», les saluant et les remerciant «de tout son cœur» pour avoir reconnu «publiquement que Robert Mugabe a fait son temps». «Nous appelons maintenant Mugabe à tenir compte du conseil très clair qui lui a été donné par ses camarades d’autrefois, les anciens combattants», a martelé le MDC dans sa déclaration.

Le Zimbabwe traverse une grave crise économique depuis le début des années 2000, lorsque Mugabe avait initié la réforme agraire consistant à redistribuer les terres agricoles appartenant à des Blancs à la majorité noire. Pour une première, des syndicats et des organisations de la société civile ont manifesté, début juillet, leur ras-le-bol contre le régime autoritaire de leur président.

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