Human Rights Watch alerte sur une frappe de drone militaire ayant tué 17 civils au Niger

L’ONG Human Rights Watch (HRW) a annoncé dans un communiqué publié ce lundi 09 février, qu’une frappe apparemment exécutée par un drone militaire nigérien a tué au moins 17 civils, dont quatre enfants, et en a blessé au moins 13 autres, le 6 janvier dernier, dans un marché bondé du village de Kokoloko, à l’ouest du Niger.

L’organisation de défense des droits humains explique que cette frappe, qui a également tué trois combattants islamistes, a violé le droit de la guerre, lequel interdit les attaques indiscriminées, et pourrait constituer un crime de guerre.

D’après les propos rapportés par les habitants, l’État islamique au Sahel (EIS) serait actif à Kokoloko et dans les environs depuis plusieurs années.

HRW appelle les autorités de Niamey à enquêter sur cette attaque et à indemniser les victimes et les familles. « Les autorités nigériennes devraient garantir une enquête transparente et impartiale sur cette attaque, poursuivre de manière appropriée les responsables et indemniser de façon adéquate les victimes et leurs familles », déclare Ilaria Allegrozzi, chercheuse senior sur le Sahel à HRW.

Elle a, par ailleurs, invité les gouvernements étrangers soutenant l’armée nigérienne à faire pression sur les autorités pour les inciter à adopter des mesures visant à éviter de causer tout préjudice aux populations locales.

Pour rédiger son rapport, l’ONG dit avoir mené des entretiens avec 15 personnes par téléphone, dont six témoins et neuf membres d’organisations non gouvernementales nationales et internationales, journalistes et habitants de la zone de Kokoloko. Elle a également analysé et géolocalisé trois vidéos mises en ligne montrant les conséquences de l’attaque, ainsi que des images satellites du lieu de la frappe.

À la suite de la frappe, la quasi-totalité des 1 200 habitants de Kokoloko ont fui vers des villages voisins ou ont franchi la frontière vers le Mali. C’est depuis 2019 que des groupes armés islamistes mènent des attaques contre les militaires et les civils au Niger.