Face à la détérioration alarmante de la sécurité alimentaire que connaît le Soudan, une trentaine de ministres et hauts représentants internationaux ont publié, vendredi 23 octobre, une « Déclaration ministérielle conjointe » appelant à une action immédiate et sans entrave pour sauver des vies.
«Le risque de famine dans les mois à venir, prédit par le Système intégré de classification des phases de sécurité alimentaire, exige une action urgente. Il n’y a pas une minute à perdre pour sauver des vies et prévenir la famine », lit-on dans le texte publié sur le site de la diplomatie belge.
Selon les chiffres rapportés dans la Déclaration, 19,5 millions le nombre de personnes souffrent d’insécurité alimentaire aiguë, soit 41 % de la population du pays ; 5 millions de personnes se trouvent déjà en situation d’urgence critique ; et 825 000 enfants souffrent de malnutrition aiguë sévère.
Le conflit armé en cours demeure la principale cause de la crise alimentaire au Soudan, provoquant le déplacement de millions de personnes, endommageant les infrastructures essentielles et perturbant les services de santé, la production alimentaire, les chaînes d’approvisionnement et les marchés. La crise est de surcroit aggravée par les dérèglements climatiques liés à El Niño, lesquels touchent plus de la moitié du pays.
Les pays signataires, parmi lesquels les Etats-Unis, le Canada, la France et l’Allemagne, rappellent que « les parties au conflit portent la responsabilité première d’alléger les souffrances du peuple soudanais. »
Ils les exhortent « à lever tous les obstacles à l’aide humanitaire, à permettre et à faciliter un accès humanitaire complet, sûr, rapide et sans entrave, et à protéger le personnel humanitaire. Faute de quoi, ces obstacles compromettront la capacité de la réponse humanitaire à faire face au risque de famine. »
Pour ces pays, les différentes parties au conflit devraient, concrètement, autoriser les opérations humanitaires par tous les axes transfrontaliers, maintenir la présence et la protection du personnel humanitaire dans tout le Soudan, s’abstenir de toute attaque contre les infrastructures civiles, et renforcer la coordination civile et militaire pour assurer la sécurité des acteurs humanitaires.
En parallèle, les ministres appellent l’ensemble de la communauté internationale et les institutions financières à réorienter en urgence leurs financements vers les zones les plus durement touchés au Soudan pour soutenir l’agriculture d’hiver et renforcer les initiatives locales de résilience.
