Centrafrique : Le CNT menace de retirer sa confiance au gouvernement

Le Conseil national de transition en Centrafrique se dit consterné face à l’attitude du Premier ministre et menace de retirer sa confiance au gouvernement si Mahamat Kamoun continue de se dérober à son engagement d’apporter des éclairages sur l’utilisation de 2,5 des 10 millions de dollars versés par l’Angola aux autorités de transition en mars dernier.

Lundi dernier, troisième rendez-vous après deux reports, les 135 membres du CNT attendaient de pied ferme le Premier ministre Mahamat Kamoun qui ne s’est pas présenté à cause d’un « problème de protocole », selon son conseiller en communication. « C’est une fuite en avant  du gouvernement », dénonce Alexandre Ferdinant Nguendet, le président du CNT qui fait office de Parlement de transition.

La présidence qui met en avant la situation sécuritaire et l’agenda ministériel chargé pour justifier le rendez-vous manqué par Mahamat Kamoun, accuse pour sa part le CNT de « tentative d’instrumentalisation politique ». A Bangui, la polémique autour de l’utilisation du don offert par l’Angola n’est pas encore close. Plus précisément, la tension est vive par rapport à un quart de la somme totale, soit 2,5 millions de dollars, qui n’a pas transité par le Trésor public et que le pouvoir en place a du mal à justifier.

Le CNT juge les explications données jusqu’ici trop vagues. Le cabinet de la présidence affirme que l’argent dont il est question a été destiné aux fonds politiques pour la présidence et la Primature. Il aurait été dépensé sous forme d’appuis à la préparation des futures opérations de désarmement, de soutien aux différentes composantes de la société civile et à l’aide humanitaire.

Le Parlement de transition a proposé la journée de mercredi comme nouvelle date pour cette séance d’explication tant attendue. Une date fatidique pour cette institution qui menace de retirer sa confiance au gouvernement et de nommer une commission d’enquête parlementaire pour mettre la lumière sur cette affaire, bien que le CNT n’a pas la possibilité de censurer le gouvernement ni de révoquer le Premier ministre.

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