Téhéran lance un ultimatum avant de se retirer de l’accord sur son programme nucléaire

Un an, jour pour jour après le retrait de l’accord américain sur le nucléaire, la République islamique d’Iran a menacé de renoncer à ses engagements si les Etats restés liés à l’accord ne trouvent pas de solution d’ici à 60 jours pour alléger les lourds effets des sanctions américaines qui visent le pays, notamment dans les secteurs pétrolier et bancaire.

Téhéran a fait savoir qu’il cessait de limiter ses réserves d’eau lourde et d’uranium enrichi, revenant ainsi sur des restrictions consenties par le JCPOA (Joint Comprehensive Plan of Action ou Plan d’Action global commun), la désignation officielle de l’accord sur le programme nucléaire iranien.

Le président Hassan Rohani a donné « 60 jours » aux autres signataires (Allemagne, France, Royaume-Uni, Chine, Russie) pour « rendre opérationnels leurs engagements en particulier dans les secteurs pétrolier et bancaire ». Il a prévenu qu’une autre mesure sera prise si ils ne parviennent pas à un résultat au bout de 120 jours. Le président iranien a toutefois présenté son ultimatum comme « une opération chirurgicale destinée à sauver l’accord, pas à le détruire ».

Notifiées de l’ultimatum iranien, la Chine et la Russie ont dénoncé la pression « irraisonnable » mise sur leur allié iranien. Et le trio européen, la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne, qui semble démuni face aux Etats-Unis et, malgré sa volonté de sauver l’accord avec l’Iran, pourrait se retrouver contraint à prendre des sanctions contre Téhéran.

L’ultimatum iranien a été mal accueilli par les Etats-Unis. Peu après son annonce, le président américain Donald Trump a imposé de nouvelles sanctions contre l’Iran. Ces nouvelles sanctions visent les secteurs iraniens du fer, de l’acier, de l’aluminium et du cuivre. Dans son communiqué, la Maison-Blanche estime que les industries des métaux industriels de l’Iran représentent environ 10% de ses exportations. Les nouvelles sanctions américaines devraient donc resserrer davantage encore la pression américaine sur Téhéran.

L’escalade militaire est à craindre, les Etats-Unis comme Israël ayant répété depuis plusieurs jours que l’Iran prépare des « attaques imminentes » contre les intérêts américains au Moyen-Orient. Un porte-avions ainsi que des bombardiers B52 ont été déployés hier dans le Golfe.

A propos de François Saint-Sauveur

Journaliste Ex RFI

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