Protesters against Burundi President Pierre Nkurunziza and his bid for a third term march towards the town of Ijenda, Burundi, June 3, 2015. Goran Tomasevic—Reuters

Burundi : La dernière organisation indépendante de la société civile suspendue

Les autorités burundaises ont suspendu pour « trouble à la paix et à l’ordre public », les activités de L’organisation Parole et action pour le réveil des consciences et l’évolution des mentalités (Parcem), pour une durée indéterminée.
La dernière organisation indépendante de la société civile encore active dans ce pays en crise depuis 2015, qui milite pour une bonne gouvernance, « sont suspendues », a indiqué le ministre de l’Intérieur Pascal Barandagiye, dans cette ordonnance.
A l’instar d’une dizaine d’ONG burundaises indépendantes qui s’étaient opposées au troisième mandat controversé du président Pierre Nkurunziza, Parcem avait été suspendue en 2015. Elle avait été autorisée à reprendre ses activités quand son représentant légal avait accepté des conditions imposées le pouvoir.
Le ministre affirme toutefois que malgré plusieurs avertissements, Parcem qui s’est lancé il y a peu une campagne décryptant la profonde crise économique que traverse le Burundi en donnant notamment des chiffres sur la pauvreté à l’opposé du discours officiel, « s’est activée plutôt à ternir l’image du pays et de ses dirigeants dans le but de troubler la paix et l’ordre public ».
Citant des chiffres de la Banque mondiale, elle a par exemple souligné dans des tweets que le Burundi est le pays qui reçoit le moins d’investissements directs étrangers au monde et celui au plus faible taux d’industrialisation au monde.
Trois de ses militants avaient été acquittés en appel en décembre 2018, après avoir été condamnés à 10 ans de prison pour « atteinte à la sûreté intérieure de l’état » pour ne pas avoir invité des membres du parti au pouvoir à une réunion qu’ils organisaient dans le centre du pays.
Par ailleurs, l’Eglise adventiste du 7e jour a récemment annoncé la libération de deux dirigeants et de 21 membres de sa branche au Burundi, arrêtés début mai pour s’être opposés à une décision gouvernementale de leur imposer un leader, dans un communiqué.
Le Burundi est en crise depuis que le président Nkurunziza a annoncé en avril 2015 sa candidature à un troisième mandat. Il avait été réélu en juillet de la même année.

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