Lancement de la phase opérationnelle de la zone de libre-échange continentale africaine

A l’occasion du sommet extraordinaire de l’Union africaine à Niamey, les chefs d’Etat et de gouvernement africains ont lancé hier dimanche la « phase opérationnelle » de la Zlecaf (Zone de libre-échange continentale africaine), qui doit devenir le plus grand marché commun au monde.

Avec la signature de l’accord hier dimanche par le Nigeria et le Bénin, ce sont désormais 54 des 55 pays du continent africain qui vont participer à ce marché qui sera actif d’ici à 2020 et réunira 1.2 milliards de personnes. Seule l’Erythrée n’a pas signé l’accord. 27 pays l’ont déjà ratifé.

Le secrétariat général de la Zlecaf siègera à Accra, au Ghana. Pour le président nigérien Mahamadou Issoufou, ce protocole sur le libre-échange doit être accompagné d’un accord sur l’investissement et sur la propriété intellectuelle. Lors de la cérémonie d’ouverture du sommet, la Banque africaine d’exportation et d’importation (Afreximbank) a annoncé qu’elle financerait la Zlec à hauteur de 25 milliards de dollars.

Il aura fallu quatre années de négociations, commencées en 2015, pour que cette initiative se concrétise. Déjà imaginé par les pères fondateurs de son ancêtre, l’Organisation de l’unité africaine, ce projet phare de l’Union africaine est sorti des tiroirs en 2012, quand une décision de l’Union africaine sur la stimulation du commerce intra-africain a finalement été adopté. Les choses s’étaient accélérées à partir de la signature de l’accord par 44 pays le 21 mars 2018 à Kigali, au Rwanda.

C’est par crainte de se retrouver en position de faiblesse, face aux grands accords mondiaux, avec l’Europe et les Etats-Unis qui parlaient d’un traité de libre-échange transatlantique, ou encore l’administration Obama qui portait l’accord sur le partenariat transpacifique, que les pays africains ont décider d’agir pour doper le commerce inter-africain en intégrant davantage de marchés aujourd’hui très fragmentés.

Mais le chemin à parcourir avant que les échanges inter-africains n’atteignent le niveau qu’espèrent les dirigeants des pays du continent est encore long et devra contourner de nombreux obstacles. Parmi ces obstacles, il y a les contraintes tarifaires, mais également les barrières dites non tarifaires comme la corruption aux douanes, le temps d’attente aux frontières, ou la piètre qualité des infrastructures, autant d’obstacles qui ont jusqu’à présent limité le commerce entre les pays du continent.

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