Burundi-Présidentielle: Arrestation ubuesque d’un opposant

La police burundaise a procédé mercredi, à l’arrestation à Bujumbura, d’un farouche opposant au régime, pour avoir appelé à manifester contre la candidature du président Pierre Nkurunziza pour un troisième mandat présidentiel, jugée inconstitutionnelle par les partis de l’opposition.

Audifax Ndabitoreye, fervent opposant à un troisième mandat présidentiel a été arrêté mercredi à Bujumbura et inculpé, selon des médias étrangers, d’insurrection par les autorités judiciaires de la capitale.

Cette arrestation intervient au lendemain d’une interview tenue par Ndabitoreye et dans laquelle il avait appelé à manifester contre la décision de l’actuel chef de l’Etat de postuler pour un troisième mandat présidentiel.

Avant son arrestation, Audifax Ndabitoreye avait participé à une réunion avec les ministres des Affaires Etrangères des pays de la communauté d’Afrique de l’Est (Tanzanie, Kenya, Ouganda, Burundi, Rwanda) qui étaient venus préparer un sommet pour la mi-mai en Tanzanie afin de désamorcer la crise politique dans laquelle est plongée le Burundi.

Certaines sources proches du dossier estiment que son arrestation était due à des propos qu’il avait tenus durant cette réunion et qui étaient à même d’influencer les jugements des différentes parties prenantes pour faire pencher la balance du côté de l’opposition qui conteste la candidature du président Nkurunziza.

Ce dernier s’était en effet porté candidat à un troisième mandat présidentiel malgré de violentes manifestations qui ont éclaté à travers tout le pays, la semaine passée. Cerise sur le gâteau, la cour constitutionnelle qui devait se prononcer sur cette question, a validé envers et contre tous la candidature du dirigeant burundais.

Une chose est sûre, la crise qui a été émaillée de heurts, parfois violents entre la police et les manifestants, n’en est qu’à ses débuts. Les autorités burundaises ont procédé depuis le début de la contestation à l’arrestation de quelque 600 manifestants, qualifiés par le pouvoir de « terroristes ». Les violences engendrées par ces manifestations ont par ailleurs causé la mort d’une quinzaine de personnes durant ces derniers jours.

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