Niger : Les magistrats portent plainte contre le chef du parti au pouvoir

Le Syndicat autonome des magistrats du Niger (SAMAN) envisage de porter plainte contre le chef du parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS- au pouvoir), Mohamed Bazoum, également ministre d’Etat à la Présidence, pour avoir accusé de corrompus les magistrats chargés de l’affaire de trafic international de bébés.

Le chef du PNDS aurait accusé, dans une déclaration à la presse locale, les magistrats d’avoir perçu de l’argent pour faire trainer le dossier. Aussi, selon lui, l’ex-président du Parlement, Hama Amadou incarcéré depuis deux semaines dans le cadre de ce scandale de trafic international de bébés, aurait bénéficié de «complicités au sein de la justice».

Des «propos injurieux», «jetant le discrédit» sur «le corps de la magistrature», martèle le SAMAN qui, dans une déclaration rendue publique fin semaine dernière, a assuré se réserver le droit de porter plainte.

Les magistrats refusent que leur «intégrité» soit remise en cause et exigent que Bazoum dévoile les noms des juges indexés afin qu’ils fassent l’objet de poursuites pénales et disciplinaires.

Le syndicat s’insurge aussi contre d’autres responsables au pouvoir, dont le président de la République, Mahamadou Issoufou, qu’ils accusent rester silencieux devant «l’immixtion», de ses proches collaborateurs dans le traitement des dossiers judiciaires.

«Nous dénonçons le silence (…) du président nigérien devant les immixtions de ses ministres dans le traitement des affaires judiciaires», a-t-il déploré dans sa déclaration.

Si les magistrats passent à l’acte en saisissant la justice contre Bazoum, ce sera leur deuxième plainte du genre, après celle survenue en avril dernier, contre le ministre de l’Intérieur, Hassoumi Massaoudou, qui avait qualifié de «suspect» la décision d’un juge de se déclarer «incompétent» pour juger l’affaire concernant le trafic de bébés.

L’opposant Hama Amadou a été arrêté mi-novembre à son retour au Niger, après un an d’exil en France. Il avait quitté son pays au moment où les députés avaient autorisé son audition par la justice, concernant le même dossier de bébés vendus. Candidat à la présidentielle de 2016, Amadou continue à dénoncer un dossier politique monté contre sa personne par ses adversaires.

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