Amnesty sollicite la suspension de la Gambie de la CEDEAO

L’ONG Amnesty International suggère dans un nouveau rapport publié ce jeudi, que la Gambie ne devrait plus être comptée parmi les Etats membres de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), tant que la situation des droits de l’homme dans le pays reste catastrophique.

Amnesty accuse le gouvernement gambien de mener une répression brutale à l’approche de l’élection présidentielle de décembre prochain. «Les autorités gambiennes doivent libérer des dizaines de prisonniers politiques et mettre fin à la répression brutale des droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique avant l’élection qui aura lieu cette année, ou risquer une suspension de la CEDEAO», menace l’ONG.

Selon ses informations, plus de 50 militants de l’opposition sont actuellement arrêtés et attendent d’être jugés, tandis que 36 membres de partis politiques de l’opposition sont en détention sans inculpation.

Amnesty fait aussi allusion à la mort en prison de l’opposant Solo Sandeng en avril dernier et pour laquelle la demande d’une enquête approfondie et indépendante par la communauté internationale, était restée lettre morte.

D’ailleurs, à propos de cette enquête, le président gambien Yahya Jammeh avait déclaré, le mois dernier, qu’il est «très commun» que des gens meurent en détention ou durant des interrogatoires et qu’il n’avait pas des ordres à recevoir à ce sujet

Amnesty International recommande à la CEDEAO qui tient un sommet vendredi 4 juin à Dakar, d’agir afin que ses propres règles soient respectées et pleinement observées. L’ONG demande à l’organisation ouest-africaine d’envisager la possibilité de suspendre la Gambie,  qui bafoue les traités qu’elle a signés en tant que membre de l’organe régional, si aucune avancée n’est réalisée sur le terrain des droits humains.

«Si la CEDEAO souhaite réellement être une communauté d’Etats qui respectent et font avancer les droits fondamentaux de la population, elle ne peut plus se taire devant le mépris flagrant qu’affiche un de ses membres face aux obligations qui sont les siennes en vertu de traités qu’il a signés», interpelle le rapport.

 

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