La ministre tunisienne des Finances paye les frais de ses propos sur le dinar

La ministre tunisienne des Finances, Lamia Zribi  a été limogée ce dimanche, suite à ses propos très critiqués sur la monnaie nationale, le dinar tunisien.

Quoi que le chef du gouvernement, Youcef Chahed, n’ait pas donné les raisons du limogeage de Lamia Zribi, d’aucuns pensent qu’il a voulu acter un geste fort en direction du puissant syndicat UGTT qui réclamait le départ de la ministre.

S’exprimant au cours d’une interview, il y a quelques jours, sur le glissement de la valeur du dinar, Lamia a souligné, entre autres, que «la Banque centrale n’est aujourd’hui plus en mesure d’intervenir pour redresser notre monnaie. Cela provoquera ultérieurement une baisse de sa valeur par rapport aux devises étrangères».

Les réactions ne se sont pas fait attendre aussi bien dans les milieux d’affaires qu’au niveau de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT). Pour ce syndicat, les déclarations  «gratuites», «irresponsables» et «choquantes» de la ministre «ont causé la chute des principaux indicateurs d’une économie nationale déjà en crise».

La ministre a dénoncé, les jours suivant son interview, une campagne de dénigrement à son encontre, assurant que ses propos ont été complètement déformés. «Je n’ai jamais déclaré que la valeur du dinar tunisien pourrait glisser à trois dinars contre l’euro. Je n’ai même pas prononcé le mot dévaluation.

Actuellement, il n’y a aucune raison pour que le dinar glisse à ce niveau. Il y a de bons signaux d’une relance économique», a-t-elle affirmé. Mais ses explications n’ont pu défaire le mal déjà causé, celui de provoquer «un cauchemar» sur le marché bancaire des changes.

Fin avril, le dinar tunisien a perdu en quelques jours jusqu’à 10% de sa valeur face à l’euro et atteint un niveau historiquement bas. La situation continue d’inquiéter des Tunisiens, tant des entrepreneurs que des simples citoyens préoccupés par l’augmentation des prix des produits importés.

Rribi a été remplacé par Fadhel Abdelkafi qui se chargera des Finances par intérim. Abdelkafi qui était jusque-là ministre du Développement, de l’Investissement et de la Coopération internationale, s’est fixé trois défis majeurs à relever au sein de son nouveau ministère : réussir à avoir les 2ème et 3ème tranches du prêt accordé à la Tunisie par le FMI, préparer la Loi de finances 2018, et entamer les reformes qui s’imposent.

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