Des ONG accusent la police kenyane d’avoir tué et blessé des manifestants à la suite de l’élection

Amnesty International et Human Rights Watch ont, dans un rapport conjoint publié lundi, accusé la police du Kenya d’avoir tué au moins 33 personnes et blessé des centaines d’autres dans certains quartiers de la capitale Nairobi, en réaction aux manifestations qui ont suivi l’élection présidentielle du 8 août 2017.

Dans leur rapport intitulé «Tuez ces criminels : Violations commises par les forces de sécurité lors de l’élection d’août 2017 au Kenya», les deux ONG dénoncent le recours excessif à la force de la part des policiers.

Les victimes sont pour la plupart, selon le rapport, des manifestants issus des rangs de l’opposition. Les policiers leur auraient tiré dessus ou les auraient passés à tabac. Certaines personnes seraient mortes par asphyxie, après avoir inhalé du gaz lacrymogène.

Selon Michelle Kagari, directrice régionale adjointe pour l’Afrique de l’Est, la Corne et les Grands Lacs chez Amnesty International, «cet usage meurtrier d’une force excessive est devenu la marque de fabrique des opérations policières au Kenya».

Les ONG invitent les autorités kényanes à «s’assurer de toute urgence que les responsables d’un usage illégal de la force doivent rendre des comptes, et que les policiers obéissent au droit et aux normes internationales relatives au recours à la force, pendant la période du nouveau scrutin à venir».

La police kényane a qualifié le rapport des deux ONG de «totalement erroné» et «fondé sur des mensonges». Elle a assuré que seuls des pillards ou des voyous ont été tués ou blessés,

La nouvelle élection au Kenya est prévue le 26 octobre prochain. Le scrutin du 8 août, remporté par le président Uhuru Kenyatta, avait été annulé par la Cour suprême pour irrégularités. D’emblée, le gouvernement a interdit des rassemblements dans la capitale, à Mombasa et à Kisumu (bastion de l’opposition dans l’ouest du pays). Mais la mobilisation de l’opposition continue malgré tout.

Le chef de l’opposition Raila Odinga, qui s’est retiré de la course à la présidentielle dernièrement, a appelé ses partisans à manifester quotidiennement pour obtenir une réforme de la Commission électorale et le report de l’élection présidentielle du 26 octobre.

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