Manifestation de jeunes maliens pour plus de sécurité dans le centre du pays

Plusieurs milliers d’habitants du « pays dogon », dans le centre du Mali, ont manifesté jeudi pour réclamer que l’Etat assume ses responsabilités en matière de sécurité, a-t-on appris auprès des organisateurs.

Plusieurs milliers de jeunes qui tenaient à «rappeler à l’Etat sa responsabilité exclusive par rapport à la sécurisation du pays dogon» ont manifesté jeudi dans les localités de Bandiagara, Bankass et Koro.

Le but de ces marches était de dire «non à l’insécurité, oui à la protection de tous», a déclaré à presse Adama Dionko, porte-parole du collectif des associations du pays dogon.

Dans un communiqué, les «jeunes du pays dogon» ont exprimé leur «ras-le-bol contre l’insécurité, les violences, les amalgames ainsi que les stigmatisations qui sont devenues depuis 2012 notre apanage quotidien».

Depuis l’apparition il y a quatre ans dans le centre du Mali du groupe jihadiste du prédicateur Amadou Koufa, recrutant prioritairement parmi les Peuls, traditionnellement éleveurs, les affrontements se multiplient entre cette communauté et les ethnies bambara et dogon, des sédentaires qui pratiquent essentiellement l’agriculture, et qui ont été contraints de créer leurs «groupes d’autodéfense».

Ces violences ont culminé le 23 mars avec l’assassinat dans le village d’Ogossagou, près de la frontière avec le Burkina Faso, de quelque 160 villageois peuls par des membres présumés de groupes de chasseurs dogons.

Au lendemain de cette tuerie, le gouvernement de Bamako a prononcé le 24 mars la dissolution de l’association de chasseurs «Dan Nan Ambassagou», qui selon lui «s’est écartée de ses objectifs initiaux, en dépit des mises en garde répétées des autorités administratives locales».

Le groupe a démenti toute implication dans la tuerie d’Ogossagou et son chef militaire, Youssouf Toloba, a rejeté cette dissolution et refusé de «déposer les armes».

Depuis mars 2018, les «agressions intercommunautaires» dans la région de Mopti (centre) ont fait quelque 600 morts et des milliers de déplacés, a indiqué le 26 mars le Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme (HCDH), ajoutant que 219 autres personnes ont été tuées depuis le début de 2019 dans «des exactions commises par de soi-disant groupes d’autodéfense cherchant à déraciner des groupes extrémistes violents».

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