Côte d’Ivoire : Des pro-Ouattara inculpés

Des anciens chefs rebelles pro-Ouattara ont été inculpés par la justice ivoirienne pour des crimes commis pendant la crise postélectorale de 2010-2011 en Côte d’Ivoire.

C’est la première fois que des hommes ayant soutenu le président ivoirien Alassane Ouattara sont poursuivis en justice, depuis que les poursuites ont commencé, en 2011, contre des auteurs présumés de crimes.

Parmi la vingtaine de personnes venant d’être interpellées, se trouve aussi des hommes fidèles à l’ancien chef de l’Etat, Laurent Gbagbo, actuellement détenu à la Cour pénale internationale (CPI).

«Alassane Ouattara a toujours dit qu’il n’y aurait pas d’impunité», a souligné le porte-parole du gouvernement, Bruno Koné, comme pour défendre le président dont le bilan est largement critiqué, en termes de justice, car seuls les partisans de l’ancien régime étaient jusqu’alors victimes de poursuites. Les critiques venaient aussi bien de l’intérieur que de l’extérieur du pays, notamment par des ONG internationales comme la FIDH qui n’a pas manqué de réagir face à la nouvelle situation. «Ces inculpations marquent un rééquilibrage», s’est-elle exclamée.

Bruno Koné a également noté que ces inculpations n’auraient rien à voir avec l’agenda politique. Rappelons qu’en octobre prochain, les Ivoiriens seront appelés aux urnes pour élire leur président.

Dans la liste des nouveaux inculpés figurent le General Guiai Bi Poin, homme fort du système sécuritaire de Gbagbo et ancien patron du Centre de commandement des opérations de sécurité (Cecos), ainsi que Chérif Ousmane et Losseni Fofana, deux importants ex com-zone (commandant de zone) qui occupent des postes à responsabilité dans les forces de sécurité ivoiriennes et fidèles à l’actuel président ivoirien.

D’aucuns attendent la suite qui sera donnée à ces inculpations qui marquent un tournant décisif au sein de la justice ivoirienne.

La crise postélectorale, née du refus de l’ex-président Laurent Gbagbo de reconnaître sa défaite face à son rival Alassane Ouattara à la présidentielle de 2010, a fait plus de 3.000 morts, attribués aux deux camps.

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