Le Sénégal se dote d’un Conseil national de Régulation des Médias

L’Assemblée nationale sénégalaise a adopté, mercredi 04 mars, le projet de loi portant création du Conseil national de Régulation des Médias (CNRM), présentée comme une réforme majeure qui adapte le cadre juridique du pays aux réalités de l’ère numérique.

Le ministre sénégalais de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, qui porte cette réforme, a expliqué, devant les députés, que le CNRM est une réponse aux défis soulevés par la montée de la désinformation, l’essor des plateformes numériques et l’intelligence artificielle.

Le CNRM sera « une autorité moderne, dotée de moyens à la hauteur des enjeux, capable de réguler un écosystème médiatique complexe et mondialisé », a-t-il indiqué, ajoutant que cette structure « disposera de pouvoirs de contrôle et de sanction encadrés, proportionnés, mais réels, respectueux des droits de la défense, assortis de voies de recours juridictionnel, mais dissuasifs. »

Le nouvel organe élargit la régulation à l’ensemble de l’écosystème médiatique comprenant la presse écrite et en ligne, les plateformes numériques, les créateurs de contenus et les médias étrangers accessibles sur le territoire national.

Le responsable gouvernemental a assuré que la présente loi « n’est pas un outil de censure » ni « une restriction des libertés », soulignant que la liberté d’expression, qui est une mesure fondamentale consacrée par la Constitution, « reste le pilier » de la démocratie défendue par le pays.

La loi s’emploie à protéger la liberté d’expression dans un cadre responsable, à garantir une information fiable, à renforcer la protection des mineurs exposés à des contenus violents ou inappropriés, et à préserver la cohésion sociale, a-t-il insisté.

Qu’à cela ne tienne, le syndicat des diffuseurs et éditeurs de presse au Sénégal redoute une atteinte à la liberté d’expression avec l’introduction de cette nouvelle réforme dans le pays.