Le président ghanéen, John Dramani Mahama, présentera officiellement, le 25 mars prochain auprès de l’Organisation des Nations Unies, un projet de résolution visant à faire reconnaître la traite transatlantique des esclaves comme « le crime le plus grave contre l’humanité », conformément à l’engagement pris par ce dirigeant africain lors de sa déclaration à l’Assemblée générale de l’ONU l’année dernière.
A travers ce projet de résolution, qui est le fruit d’une collaboration entre le Ghana en sa qualité de Champion de l’Union africaine, la communauté caribéenne (CARICOM) et les représentants de la diaspora africaine, Accra veut formellement déclarer la traite des Africains réduits en esclavage comme le crime le plus grave contre l’humanité.
Les raisons évoquées sont la rupture définitive que cette traite représente dans l’histoire mondiale, son ampleur, sa durée, son caractère systémique, sa brutalité et ses conséquences durables qui continuent de façonner les réalités socio-économiques et les inégalités structurelles à travers le monde.
Son adoption préserverait la vérité historique comme fondement de la justice et de la réconciliation et répondrait à l’appel à un engagement significatif en matière de justice réparatrice, de responsabilité et de guérison, soutient le Ghana.
Pour Accra, « nommer cette réalité n’est pas seulement symbolique, mais marque aussi le début d’une prise de conscience des inégalités structurelles qui sous-tendent les asymétries de la dette, les écarts de développement, la vulnérabilité climatique et la gouvernance financière mondiale. »
L’examen du projet de résolution coïncidera avec la commémoration de la Journée internationale du souvenir des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique des esclaves. En cas d’adoption, cette résolution serait la première du genre, en huit décennies d’existence de l’ONU, sur l’esclavage et la traite transatlantique des esclaves.
Il est prévu, avant le dépôt de la résolution, une cérémonie solennelle de dépôt de gerbes au cimetière africain de New York le 24 mars, et une réunion de haut niveau sur la justice réparatrice pour la traite des Africains réduits en esclavage.
Même après l’adoption de la résolution, le Ghana entend maintenir la pression multilatérale en matière de justice réparatrice, dans le cadre de la Décennie d’action de l’Union africaine pour les réparations et le patrimoine africain (2026-2036).
